Laisser tomber, quand la détente devient indispensable

Publié le par Anne Cat et François

 

A chaque question relationnelle, on conseille souvent des gestes à effectuer, des exercices à faire mais on oublie parfois que le plus grand travail, c'est le propriétaire qui doit le faire.

 

Ce travail est constant et le résultat n'est pas aisé à obtenir. Il s'agit d'apprendre à laisser tomber, à lâcher-prise, sans remords, ni regret, avec calcul et raisonnement.

 

Un cheval se braque, le propriétaire se tend, l'affrontement semble inéluctable... le propriétaire expire profondément, relâche ses épaules et se détend. Le cheval se bat encore un peu puis se détend à son tour, l'exercice ne pose plus de soucis et s'exécute dans le calme.

 

En regardant cette scène, beaucoup de personnes sont tentées de croire que le propriétaire a cédé et que le cheval a gagné. Et pourtant, il n'en est rien.

 

Ce que le propriétaire a exprimé dans sa détente, ce n'est pas une soumission mais une volonté de ne pas se battre. Il a laissé tomber sans changer d'un yota sa position. Il a juste demandé un dialogue.

 

Ce que l'animal, ici le cheval, entend, dans ces cas-là, c'est une volonté d'accord à l'amiable. Il est beaucoup plus enclin à céder sur des points qui ne lui sont pas chers. La négociation peut alors s'engager.

 

Ces détentes, celles du propriétaire comme celle de l'animal, ne sont pas honteuses et ne donnent pas des individus mous. En un éclair, tous les deux peuvent en revenir au combat avec force et violence mais l'armistice a sonné. Chacun met ses cartes sur la table et les échanges peuvent commencer.

 

Les problèmes récurrents dans la relation entre le propriétaire et l'animal naissent souvent d'une théorie encore bien ancrée : l'Homme doit assurer, il doit être au-dessus de l'animal, être plus fort, plus intelligent.

 

Vous pensez que seuls les propriétaires qui se sentent supérieurs rentrent dans ce cadre. Mais toutes les personnes qui considèrent leur animal comme un enfant, un être fragile et faible entrent dans cette catégorie. Et nous y entrons tous de façon plus ou moins éphémère.

 

La négociation pour beaucoup d'entre nous peut aussi s'apparenter à hisser le drapeau blanc. On a alors toutes nos convictions sur le drapeau blanc, associé à la négociation mais aussi à la défaite voire à la couardise, qui reviennent au galop. On croit à une défaite.

 

Du coup, si l'Homme négocie, il n'assure pas. L'animal ne va pas le respecter puisqu'il n'est pas mieux que lui.

 

Mais rassurez-vous, hisser le drapeau blanc ne vous empêchera pas de ramener vos couleurs en vos terres ni de garder vos armes.

 

Car contrairement à une bataille où le seul but serait de conquérir le coeur de l'animal, une relation est basée sur le dialogue et la paix.

 

Mais comment et quand se détendre me direz-vous. Comment peut-on savoir que là, il convient de sévir et là, il convient de laisser tomber ?

 

On rentre à présent dans toute la finesse du dressage, dans toute la science de la relation avec l'animal. La détente n'est pas naturelle, c'est un calcul savant du coût bénéfices/risques.

 

L'animal est-il prêt à négocier ? Pouvez-vous assouplir certaines conditions ? Quelles cartes avez-vous dans votre jeu ?

 

Le but de cet article n'est pas de vous conseiller de toujours vous détendre.

 

Mais pourquoi ne pas envisager cette possibilité comme une alternative honorable et non comme une déchéance de votre part ? Pourquoi s'en priver ?

 

A bientôt,

Anne

Cheval monté à l'entrainement - Photo soumise à droits d'auteurs - Techniques d'élevage 2013

Cheval monté à l'entrainement - Photo soumise à droits d'auteurs - Techniques d'élevage 2013