Evolution de la composition minérale du lait de la jument

Publié le par Anne Cat et François

 

De plus en plus souvent, des éleveurs choisissent l’option de sevrer leurs poulains tard. A cet âge, il est évident que le poulain ne peut plus se satisfaire du lait de sa mère et qu’il a besoin d’une complémentation adaptée à la fois à son jeune âge et à ses forts besoins.

 

Il est donc intéressant d’avoir une idée de ce qu’on peut attendre du lait pour savoir comment le compléter.

 

Jusque récemment, dans un cas comme celui-ci, on se basait sur les chiffres moyens et notamment pour les minéraux.

 

Classiquement, un lait de jument est considéré comme ayant les caractéristiques suivantes :

 

Teneur en matières sèches : 10,5 %

Teneur en matières azotées totales : 21 à 25 g/kg

Teneur en matières grasses : 14 g/kg

Teneur en matières minérales : 5 g/kg

Teneur en calcium : 1 g/kg

Teneur en phosphore : 0,7 g/kg

Densité du lait de jument : entre 1,0346 kg et 1,045 kg par litre

 

Mais ce sont des données moyennes. Est-ce qu’on se trompe beaucoup en les utilisant ?

 

Alors à Techniques d’élevage, on a cherché les chiffres…

 

Voici l’évolution de la composition minérale du lait de jument pour les macros éléments au fil de la lactation d’après les équations de Equine applied and clinical nutrition : 

Teneur en minéraux en fonction du stade de lactation chez la jument. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Teneur en minéraux en fonction du stade de lactation chez la jument. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Vous constaterez qu’en début de lactation, on ne fait pas une grande erreur en prenant un chiffre moyen. Par contre, plus la lactation dure, plus l’erreur devient importante. A 6 mois de lactation, on n’est plus à 1 g de calcium par kg de lait mais à 0,634 g. De même, on n’est plus à 0,7 g de phosphore mais à 0,298 ce qui n’a plus grand chose à voir.

Et évidemment les quantités de lait produites décroissent aussi, ce qui donne pour une jument de 500 kg (chiffres INRA) :

Production laitière d'une jument de 500 kg. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Production laitière d'une jument de 500 kg. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Quant à notre fameux rapport phosphocalcique, si important pour la fabrication des os de notre poulain qui rappelons-le est en pleine croissance, il augmente lentement mais sûrement au fil de la lactation :

Rapport phosphocalcique du lait en fonction du stade de lactation. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Rapport phosphocalcique du lait en fonction du stade de lactation. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes

Nos lecteurs assidus se rappelleront que le rapport Ca/P recommandé en croissance est de 1,8. Cela veut dire que si on sèvre tard, il faudra amener proportionnellement un soupçon de phosphore en plus.

 

Évidemment, ce ne sont que des tendances car l’alimentation de la jument, la race, la production laitière peuvent jouer sur ces chiffres mais cela donne une bonne notion des évolutions.

 

Cela veut dire aussi que si vous avez une jument « bonne pâte » qui a perdu un poulain déjà assez âgé et à qui vous faites accepter un nouveau-né, il peut être nécessaire de le complémenter avec un lactoremplaceur car le lait de sa nourrice risque de ne pas être suffisant.

 

A bientôt.

 

Catherine Kaeffer

 

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