Ostéochondrose chez le jeune cheval ou le poney

Publié le par Anne Cat et François

 

Pathologie fréquente, l'ostéochondrose atteint les poulains et les jeunes chevaux en croissance. Elle est plus rare chez les poneys mais elle peut néanmoins être présente.

 

L'ostéochondrose peut être diagnostiquée à plusieurs stades selon des modalités différentes. Plus le diagnostic est précoce, plus les chances de rémission complète sont importantes.

 

Au tout début, le diagnostic est le plus souvent posé suite à une radiographie de contrôle des articulations. Il s'agit alors d'une accumulation de cartilage suite à un défaut d'ossification.

 

Cela peut se traduire par un simple épaississement, une irrégularité de la surface articulaire, des kystes fibreux dans l'os ou dans le cartilage. Le diagnostic est posé suite à l'analyse de la radiographie par un vétérinaire. Il n'y a pas de symptômes extérieurement visibles sur le cheval ou le poney.

 

L'ostéochondrose peut se limiter à ce tout premier stade ou évoluer en OCD ou ostéochondrite disséquante. Cette évolution peut être lente ou rapide.

 

On observe une boiterie, une raideur, une grosseur et/ou une douleur articulaire. On peut aussi noter la présence de molettes articulaires. Ces signes doivent faire suspecter au propriétaire une atteinte articulaire et l'amener à consulter un vétérinaire.

 

Le vétérinaire pourra alors déterminer si ces manifestations cliniques s'accompagnent de lésions articulaires avec des morceaux de cartilage ou d'os libres présents dans l'articulation. On les nomme « souris articulaires ». Leur retrait chirurgical est le plus souvent nécessaire à la guérison. Si le phénomène n'est plus réversible, on peut arriver à rétablir une fonction locomotrice normale à l'aide des soins appropriés.

 

Le stade ultime de l'ostéochondrose mène à une arthrose juvénile avec des symptômes de raideur, de douleur, de boiterie... et des conséquences à vie.

 

A ce stade, aucune activité sportive n'est conseillée. Seule une activité légère et suffisante pour maintenir un bon état musculaire est souhaitable. Le rééquilibrage de la ration ou l'ajout de complément alimentaire spécifique peut s'avérer nécessaire. Des soins supplémentaires peuvent être administrés pour limiter l'impact des lésions.

 

L'ostéochondrose est une affection liée à plusieurs facteurs dont aucun ne semble déterminant. Des études sont en cours pour déterminer la nécessité de la présence d'un ou plusieurs de ces facteurs pour amener à une ostéochondrose clinique (avec des symptômes visibles extérieurement).

 

On peut néanmoins noter que certaines races et les produits de certains étalons sont plus enclins à développer de l'ostéochondrose. On relève des races où les jeunes sont atteints à 95 % et certains étalons donnent exclusivement des poulains avec cette pathologie. Ce qui laisse penser que l'hérédité est une composante de l'ostéochondrose.

 

Cependant, les études montrent, pour un potentiel génétique similaire, des résultats qui diffèrent. Les jeunes chevaux sont atteints selon des degrés différents et présentent des évolutions bien individuelles. Certains jeunes chevaux avec un potentiel génétique défavorable ne présenteront jamais plus qu'une atteinte asymptomatique. D'autres, avec le même potentiel, vont présenter une aggravation fulgurante et des séquelles handicapantes.

 

L'ostéochondrose ne peut donc être attribuée uniquement à la génétique.

 

De plus, certains poulains et jeunes chevaux ou poneys ne présentant pas de parent atteint ont développé une ostéochondrose plus ou moins marquée. Le doute sur le panel de gènes amenant à l'ostéochondrose est donc raisonnable et les recherches continuent.

 

Des facteurs favorisants ont été mis en évidence. Ils ne sont pas tous nécessaires à l'ostéochondrose mais il a été prouvé qu'il faut plusieurs facteurs pour y aboutir. Ces facteurs étant liés entre eux, il est fort possible que l'ostéochondrose soit plus le résultat d'une vie défavorable sur le plan articulaire et non le reflet d'un problème isolé.

 

L'alimentation est le plus fréquemment cité pour son intervention non seulement sur le plan minéral qui affecte l'os, mais aussi sur le plan de la rapidité de la croissance ou sur l'évolution du poids en général.

 

La suralimentation énergétique du poulain entraîne non seulement une surcharge pondérale sur un squelette immature mais aussi des déséquilibres hormonaux accentués en cas de carence en iode ou en sélénium.

 

La carence en cuivre est reconnue comme un facteur très important de l'apparition de l'ostéochondrose en influant sur l'ossification du cartilage.

 

Enfin, les apports non raisonnés de calcium peuvent conduire à des excès qui en bloquant l'assimilation de l'iode, du zinc, du cuivre et du sélénium favorisent finalement l'apparition de la pathologie.

 

Un suivi nutritionnel du poulain en croissance est donc indispensable pour prévenir ou limiter l'évolution de l'ostéochondrose.

 

Un poids important sur des articulations en croissance augmente le risque d'ostéochondrose. On peut ainsi se poser la question de l'âge du débourrage à la monte ou du premier poulain dans l'aggravation ou l'apparition des lésions d'ostéochondrose.

 

Le travail semble aussi avoir une influence directe sur l'os. L'excès fragilise, tout comme le manque, en jouant sur la musculation et sur les chocs ou tensions subis par les articulations.

 

Des articulations qui sont influencées par des facteurs comme le type de ferrure, le parage, le sol, la conformation du cheval...

 

Certaines hypothèses mettent en avant le rôle des hormones (notamment l'hormone de croissance) ou de l'alimentation de la jument gestante dans l'ostéochondrose du poulain.

 

Anne KAEFFER

 

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Poneys au travail non montés. Catherine Kaeffer. Techniques d'élevage. Nantes. Image soumise à droits d'auteur

Poneys au travail non montés. Catherine Kaeffer. Techniques d'élevage. Nantes. Image soumise à droits d'auteur