Les fils de suture

Publié le par Anne Cat et François

 

Suturer une plaie est un acte assez courant que ce soit après une opération ou pour une blessure. Pourtant, un élément étranger peut poser des problèmes : réactivité des tissus (immunologique, « enrobage » du fil), inflammation et infections bactériennes (les bactéries peuvent se fixer à de très nombreux supports dont les fils). Nous n'allons pas nous occuper du choix du fil mais nous allons voir les différentes caractéristiques pour savoir s'il faut les enlever, en combien de jours ils sont censés disparaître dans le cas où ils sont résorbables et le risque d'infection bactérienne.

 

Les fils non résorbables en premier lieu. Cela va faire un peu catalogue mais c'est nécessaire pour pouvoir poser les bonnes questions à son vétérinaire lors d'une suturation et pour les questions pratiques de suivi.

 

Ce sont des fils très bien tolérés par les tissus c'est-à-dire qu'ils ne provoquent que peu de réaction immunitaire de l'organisme. Ils ne sont pas sensibles à l’hydrolyse ou à la protéolyse. Ils peuvent cependant favoriser une réaction inflammatoire liée par exemple à leur rugosité qui au moment de la couture peut abîmer les tissus. Donc une inflammation se déclarant dans la première journée n'est pas significatif d'une infection bactérienne mais si vous avez une apparition après deux-trois jours, pensez-y tout de suite.

 

Ils sont d’origine :

 

  • naturelle (tresses / torsade) : soie ou lin. Le risque d'inflammation tissulaire est variable mais existant. Ils sont résorbables par destruction de leurs structures protéiques mais à long terme.

     

  • synthétique (polyfilaments ou monofilaments) :

    - polyesters

    - polyamides

    - polyéthylènes

    - polypropylènes

    - fluorure de polyvinylidène

    - polyesters : connus pour produire le moins d'inflammation mais ils pressentent une grande dureté et une importante rugosité de surface, ce qui entraîne un effet de scie lors du passage dans les tissus et une rétention de débris cellulaires, on a donc un traitement supplémentaire et un risque supplémentaire d'infection.

    - polybutester

    - polytétrafluoro éthylène expansé

 

Il est évident que ces différents matériaux ont d'autres propriétés mais cela concerne le choix du fil lequel échoit au vétérinaire.

Les fils résorbables à présent. La résorption correspond à la disparition de la masse du fil et elle s'effectue soit par hydrolyse soit par digestion enzymatique. Les fils synthétiques ont une meilleure biocompatibilité que les naturels. Il faut savoir que les bactéries adhérent moins facilement sur les monofilaments, le tressage offrant de nombreuses interstices.

 

Les fils résorbables tressés :

 

  • acide polyglycolique : matériau naturel qui s'hydrolyse sous l'action de l'humidité.

  • vicryl : matériau synthétique. Ce fil produit peu ou pas d’inflammation. L’hydrolyse se fait en 60 à 90 jours. Il existe plusieurs types : certains avec des antiseptiques, d'autres sont hydrolysables plus rapidement...

  • lactomer

 

Les fils résorbables monofilaments :

 

- polydioxanone : la résorption s'effectue en 210 jours par destruction enzymatique

- glycolide Trimethylene Carbonate GTMC : La résorption se fait entre 180 et 270 jours, avec perte de 60 % de sa résistance à 21 jours.

-poliglecaprone 25 : La résorption se fait entre 90 et 120 jours (hydrolyse).

 

- glycomer 631

 

Lorsque le vétérinaire suture votre animal, vous devez donc penser à lui demander :

 

  • S'il s'agit d'un fil résorbable ou non

  • Quelle est la durée normale de résorption du fil

  • Quels sont les signes normaux et ceux qui doivent vous amener à ramener l'animal en consultation

  • Et évidemment quels soins vous devez faire pour éviter tout problème.

 

Bonne journée.

 

François Kaeffer

Cheval avec bandage à l'antérieur. Techniques d'élevage. Image soumise à droits d'auteur.

Cheval avec bandage à l'antérieur. Techniques d'élevage. Image soumise à droits d'auteur.