L'influence du lait et du liquide amniotique sur le goût des jeunes animaux

Publié le par Anne Cat et François

 

« Dis-moi ce que mangeait maman et je te dirai ce que j'aime ! » Quand l'alimentation de la mère influence les futurs goûts de ses petits...

 

On considère souvent que le rapport mère-foetus et plus tard mère-jeune, se limite à un échange de nutriments... pourtant, le petit goûte très tôt ce que sa mère déguste.

 

En effet, la mère ne retire pas que des nutriments de sa nourriture. Elle va aussi récupérer beaucoup de molécules non nutritive mais gustatives. Ces molécules voyagent dans le sang et vont souvent se retrouver excréter dans les fèces, les urines ou la sueur. C'est ce qui leur donne une odeur et un goût particulier en fonction de la nourriture ingérée.

 

Chez la femelle gestante, une autre voie de sortie s'ouvre à ces molécules voyageuses : le liquide amniotique. Ce liquide baigne le ou les foetus et est produit en partie par la mère, en partie par le jeune. En fin de gestation, le petit finalise le développement de son tube digestif grâce à l'ingestion d'une partie du liquide amniotique. C'est ainsi que le jeune découvre le goût de ce que mange sa mère.

 

Plus tard, c'est le lait qui offrira une voix de sortie aux molécules gustatives. Elles vont donner un lait unique qui finira l'éducation gustative du jeune.

 

Il faut rajouter à cela les évidents morceaux volés dans la gamelle. Mais cette activité semble avoir un rôle moindre dans les futurs goûts du jeune.

 

Ainsi, notre petit animal apprend très tôt à aimer certaines saveurs.

 

Le problème c'est que beaucoup de mères gestantes et allaitantes ne goûtent pas à la diversité... on obtient alors des jeunes aux goûts stéréotypés et peu adaptables.

 

La difficulté d'un changement de croquettes, les poulains qui n'aiment pas les carottes, le chaton qui rechigne devant un morceau de viande, le chiot qui recrache le riz au bouillon... ces cas se multiplient avec l'appauvrissement de la diversité alimentaire.

 

Il ne faut certes pas oublier la nutrition mais apportons à nos femelles gestantes et allaitantes la diversité des saveurs, dans l'intérêt des jeunes et de leurs futurs propriétaires.

 

Un animal, c'est deux histoires, formées de milliers de vies, qui s'unissent pour ne former qu'un être.

 

Anne KAEFFER

Truie, verrat et porcelet nain. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Truie, verrat et porcelet nain. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Publié dans Ethologie, Elevage