Les voies métaboliques : solution de la dernière chance (2)

Publié le par Anne Cat et François

 

Nous avons vu, dans un précédent article, que le glucose est indispensable au fonctionnement du cerveau et que parfois, en cas de disette, l'organisme est contraint de le fabriquer. Mais comme c'est hors de prix, il en fabrique juste la quantité nécessaire pour maintenir le cerveau en état de marche.

 

Mais toutes les autres cellules de l'organisme, non inféodées au glucose, avec quelle énergie vont-elles pouvoir tourner ?

 

C'est ici qu'interviennent les autres voies métaboliques de production de l'énergie :

 

  • le métabolisme des lipides,

     

  • le catabolisme des protéines.

 

Ces voies ont la caractéristique de ne pas être efficaces d'où une utilisation parcimonieuse de ces voies.

 

Lors d'une dénutrition prolongée, la seconde voie se met en route, celle des lipides. Anatomiquement les zones de stockage des graisses sont la croupe et les côtes (hanches saillantes et côtes visibles) d'où la nécessité de la surveillance de ces parties. Je précise que l'intérieur de l'abdomen n'est pas chez le cheval, une zone privilégiée de stockage des graisses. Un cheval peut avoir un gros ventre mais mourir de faim.

 

Comme vous le savez, il existe de nombreuses formes de lipides (triglycérides, acides gras...) mais notre organisme possède des enzymes qui vont découper les lipides et produire, entre autres choses, de l'acétyl-coenzyme-A qui peut avoir deux destinées :

 

  • le passage dans le cycle de Krebs,

     

  • la transformation en corps cétoniques.

 

Ces deux destinées sont dues au fait que contrairement au cas du glucose, l'acétyl-coenzyme-A est produit dans le cytoplasme. Donc avant d'arriver au cycle de Krebs, il doit entrer dans la mitochondrie... Cela prend du temps et c'est limité. Une bonne partie de cette molécule est donc métabolisée en corps cétoniques.

 

L'intérêt de cette donnée est l'haleine qui en résulte. En effet, les corps cétoniques sont volatils et donc sont éliminés en partie par voie respiratoire. S'il vous est arrivé de passer le nez au dessus d'un flacon d'acétone (ce que je ne vous souhaite pas), vous avez senti une odeur très forte et caractéristique.

 

Cependant, nous sommes en face de corps cétoniques, ils vont donner à l'haleine une odeur de pomme pourrie. C'est le signe qui doit alerter d'une dénutrition avancée. On peut aussi l'observer chez des enfants en croissance suite à une maladie qui leur a coupé l'appétit.

 

Lorsque le glucose et les lipides sont insuffisants pour maintenir l'énergie nécessaire arrive avec un triomphalisme morbide : le catabolisme des protéines. C'est l'ultime étape : la destruction des protéines et bien sûr, une inhibition de la production de protéines ce qui limite les pertes d'énergie. Cela se constate par une fonte musculaire (le dos en particulier avec le dos en baignoire).

 

Il se trouve que les protéines étant constituées d'acides aminés, leur coupure libère ces acides aminés qui vont pouvoir s'intégrer, après des transformations plus ou moins importantes, au cycle de Krebs et produire de l'énergie.

 

Comme vous pouvez le constater l'organisme possède pas mal de barrières de sécurité pour préserver le cerveau et se maintenir en vie. Mais ce n'est pas sans conséquences et plus on attend longtemps plus le système va utiliser des moyens désespérés et destructeurs pour survivre.

 

Bonne journée

 

François Kaeffer

 

Tête de poney. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes 2014

Tête de poney. Image soumise à droits d'auteur. Techniques d'élevage. Nantes 2014