Acharnement thérapeutique

Publié le par Anne Cat et François

 

Le regard dans le vide, blottit au fond de sa caisse, un chat miaule de désespoir. Les secousses de la voiture lui arrache des cris de douleurs. Sa patte déchiquetée, l'os à vif, ne forme que des lambeaux de chair cachés dans son épaisse fourrure.

 

Ses propriétaires n'entendent-ils pas ses cris ? Ne comprennent-ils pas sa douleur ? Il voudrait tellement pouvoir se cacher, se mettre à l'abri.

 

La voiture s'arrête et on le transporte, on lui parle. Le chat entend à peine ce qu'on lui dit. Il ne réagit pas quand on le sort de sa caisse. Une personne qu'il n'a jamais vu le manipule. Le chat se défend mollement, il va se blottir contre ses maîtres.

 

Les humains parlent. On lui fait une injection puis c'est le trou noir.

 

Au réveil, la souffrance est là. La patte engoncée dans un bandage épais, la tête prise dans une collerette, le chat cherche à se toiletter en vain. Il voudrait enlever ce bandage, cette collerette, sa douleur doit venir de là.

 

Le temps passe, la nausée, la douleur... le chat ne boit pas, ne mange pas. On le met sous perfusion.

 

La douleur ne disparaît pas, au contraire, elle est de plus en plus présente. Il fait si chaud.

 

On donne des cachets au chat pour lutter contre l'infection. On nettoie sa plaie. Il souffre toujours. Les calmants et anti-douleurs le stabilise quelques temps puis c'est la rechute. Le chat souffre encore et encore. Les périodes de soulagement rendant la douleur plus insupportable encore.

 

Il voudrait en finir, mais ça continue. Ses propriétaires en ont décidé ainsi.

 

L'infection est enrayée, la douleur s'estompe petit à petit. Le chat peut de nouveau boire, manger. Dans la clinique, le personnel le dit courageux et volontaire. Mais il se sent si faible.

 

Il mange mais ne reprend pas de poids, il guérit mais ne récupère aucune énergie.

 

On envisage de le renvoyer chez lui, de le rendre à ses propriétaires qui n'ont pas manqué un jour de sa longue convalescence.

 

Le chat cesse alors de manger et de boire. Il a chaud et n'arrive plus à se rafraichir. Il se sent faible, si faible...

 

Aucun test, aucune analyse n'avait été faite à son entrée... pourtant, c'est bien un chat du quartier qui lui a détruit la patte. Un chat positif à la FIV.

 

Le chat se meurt dans la clinique, aucun traitement ne saurait le sauver. Pourtant, on teste encore d'autres médicaments sur lui. Il pourrait partir maintenant, mais on le maintient en vie en attendant la décision de ses propriétaires.

 

Les propriétaires prirent dix jours pour réfléchir. Dix jours avant de le laisser partir. L'injection létale ne fut pas nécessaire...

 

Anne KAEFFER

Chat en cage. Image soumise à droits d'auteurs. techniques d'élevage 2014

Chat en cage. Image soumise à droits d'auteurs. techniques d'élevage 2014

Publié dans Anecdote

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