Apports alimentaires recommandés pour un cheval de trait adulte de 900 kg

Publié le par Anne Cat et François

 

Les tables INRA s’arrêtent au cas des chevaux de trait de 800 kg. Or, nous rencontrons régulièrement des chevaux qui font 900 kg voire 1000 kg de poids vif.

 

Techniques d’élevage a donc à partir des équations et des données INRA mis au point des tables d’apports alimentaires recommandés pour ces animaux. Nous attirons votre attention sur le fait que ce sont des extrapolations raisonnables mais qu’il faut adapter la ration à chaque cheval particulier.

 

Voici celle pour un cheval de trait adulte de 900 kg en fonction de son travail : entretien, repos temporaire, travail léger, modéré ou élevé.

 

Le travail léger correspond à l’andainage. Le travail modéré à des labours en terres légères, binage, hersage. Le travail intense correspond à un labour en terres lourdes.

 

Voici le résultat de nos cogitations. 

Table d'apports alimentaires pour cheval adulte de 900 kg. Techniques d'élevage, Nantes. Image soumise à droits d'auteur

Table d'apports alimentaires pour cheval adulte de 900 kg. Techniques d'élevage, Nantes. Image soumise à droits d'auteur

 

UFC =Unité fourragère cheval ; MADC = matières azotées digestibles cheval en g ; Lysine en g ; P = phosphore en g ; Ca = calcium en g ; Mg = magnésium en g ; Na = sodium en g ; Cl = chlore en g ; K = potassium en g ; Cu = cuivre en mg ; Zn = zinc en mg ; Co = cobalt en mg ; Se = sélénium en mg ; Mn = manganèse en mg ; Fe = fer en mg ; I = iode en mg ; Vit A = vitamine A en UI ; Vit D = vitamine D en UI ; Vit E = Vitamine E en UI ; QI = quantités de matières sèches ingérées en kg.

 

Aujourd’hui, les chevaux de trait ont la réputation d’être des animaux rustiques qui s’entretiennent facilement avec de l’herbe. Cependant, lorsque vous lisez les écrits anciens, ils sont présentés comme des animaux puissants certes mais chers à l’entretien voire carrément ruineux. Leur possession était signe de richesse. En outre, les chevaux des omnibus recevaient leurs 9 repas par jour et le fourrage de la meilleure qualité.

 

Qu’est-ce qui a pu faire changer autant l’image qu’on a de ces chevaux ?

 

En regardant ces chiffres, la réponse saute aux yeux : l’utilisation.

 

Un cheval de trait à l’entretien a besoin d’une quantité relativement importante d’énergie puisqu’on tourne à 6 UFC certes mais a une capacité d’ingestion énorme par rapport à un cheval de selle. Donc, si vous le mettez dans un pré, la quantité d’herbe disponible n’est généralement pas limitante et il arrive à manger les quantités d’herbe nécessaires sans qu’il y paraisse. On peut aisément dès lors le croire rustique comme un gros shetland.

 

Par contre, dès que vous demandez à ce cheval des efforts musculaires soutenus, que ce soit en intensité ou dans la durée, il devient un véritable gouffre puisqu’il dépasse allègrement les 10 UFC soit l’équivalent en énergie de 10 kg d’orge par jour (l’équivalent seulement car il est totalement hors de question de nourrir un cheval uniquement avec de l’orge ! C’est juste une comparaison…)

 

C’est la vision qu’en avait nos prédécesseurs.

 

Mais songez qu’à chaque fois qu’il fait le moindre pas, il doit avant de porter ou de tirer la charge, commencer par déplacer son poids… et que cela représente parfois le double d’un cheval « classique ».

 

Et puis autant de muscles, il faut de l’énergie pour les faire marcher.

 

Catherine et François Kaeffer

Cheval de trait attelé. Techniques d'élevage, Nantes. Image soumise à droits d'auteur.

Cheval de trait attelé. Techniques d'élevage, Nantes. Image soumise à droits d'auteur.