Mule, bardot, mulet, zébrâne, zébrule, zorse... toujours stériles ?

Publié le par Anne Cat et François

 

Les propriétaires des hybrides équins ne se posent pas la question... et pourtant, la génétique réserve parfois des surprises et la généralité s'applique très mal à la zoologie.

 

Les hybrides équins sont stériles dans la majorité des cas.

 

En effet, l'assemblage génétique dont ils sont issus ne permet pas la production de cellules reproductrices.

 

Les spermatozoïdes et les ovules doivent, pour se former, contenir la moitié du génome parental. Le problème chez les hybrides, c'est qu'ils sont formés de deux demi-génomes qui ne se reconnaissent pas.

 

Un hybride cheval / âne, par exemple, a la moitié de son génome « cheval » et l'autre moitié « âne ». Ces deux moitiés ne se ressemblent pas.

 

Du coup, quand vient la séparation en deux, au moment de la méiose, les paires de chromosomes ne retrouvent pas leur partenaire. Au lieu de séparer le génome en deux, on le sépare donc aléatoirement.

 

Les cellules reproductrices ont donc un quart, les trois quarts, les deux dixièmes... du génome. Avec ce nombre aléatoire de chromosomes, on obtient un résultat tout aussi aléatoire.

 

Un embryon ne peut vivre en bonne santé que s'il dispose de la moitié de son génome venue du père et de l'autre moitié venue de la mère. Dans le cas des hybrides, il a une moitié correcte et une quantité plus ou moins grande venue de l'hybride. Ne pouvant faire d'assemblage cohérent, l'embryon meurt.

 

Les hybrides sont donc stériles... quand le hasard fait mal les choses.

 

Mais parfois, le hasard fait bien les choses et la cellule reproductrice est non seulement viable mais aussi capable de donner la vie.

 

Chez les mâles, cette vie pourra se transmettre sans problème car les hybrides mâles ont un comportement sexuel intact et sont mis sans méfiance avec d'autres congénères femelles. De plus, ils refont régulièrement leurs stocks de spermatozoïdes et à chaque nouvelle cellule, ils retentent leur chance.

 

Pour les femelles, l'ovule influence plus directement sur le comportement sexuel. Les chaleurs pourront donc renseigner utilement le propriétaire, s'il se montre attentif.

 

Les hybrides ne sont donc pas toujours stériles et leur placement avec des équidés du sexe opposé n'est pas sans risque de gestation opportuniste...

 

Anne KAEFFER

Mulet dans un pré. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014.

Mulet dans un pré. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014.