La retraite pour nos vieux animaux

Publié le par Anne Cat et François

 

A l'image de ce que l'on fait pour les Hommes, les propriétaires mettent leurs animaux à la retraite. On arrête le travail physique, on diminue les balades... l'animal est mis au repos « pour son bien ». Mais cette retraite est parfois largement anticipée « pour qu'il en profite », une tendance qui n'a pas que des avantages.

 

Il existe plusieurs formes de retraite.

 

On « réforme » le vieux cheval, le vieux poney ou le vieux chien qui n'a plus la force et la vigueur d'antan. Cette forme de retraite est couramment pratiquée chez les animaux qui « travaillent ». Beaucoup voient en cette retraite une façon de reconnaître l'effort de l'animal et de le récompenser.

 

La retraite anticipée est souvent pratiquée par les associations ou les propriétaires qui décident que l'âge est trop avancé ou que l'animal a trop souffert par le passé pour continuer. Cette retraite se base sur le sentiment humain.

 

La retraite médicale est prescrite pour les animaux qui sont atteints de pathologies ne permettant pas de poursuivre l'activité.

 

Dans tous les cas, l'animal cesse toute activité physique et tout apprentissage.

 

L'activité physique étant réduite à néant, les muscles fondent et les articulations grincent. Que la retraite soit anticipée ou non, l'animal va perdre ses muscles qui ne vont donc plus assurer le soutien des articulations. Ces articulations vont alors jouer entre elles de façon aberrante et s'user anormalement. Les pathologies articulaires et les douleurs s'accumulent.

 

L'alimentation est rarement adaptée à la retraite de l'animal. Et quand l'adaptation est faite, le propriétaire considère souvent que l'animal ne doit pas manger grand chose puisqu'il ne fait plus rien. Ce raisonnement met de côté les considérations nutritionnelles évolutives avec l'âge. Les vieux chevaux ont notamment une nutrition très particulière (voir).

 

L'animal prend du poids ou maigrit excessivement, par manque d'exercice, par manque de mouvement...

 

Côté psychique, on dit souvent que les animaux retraités dépriment... ce n'est pas qu'un sentiment.

 

Les animaux âgés possèdent une plasticité neurale supérieure aux adultes et presque aussi importante que celle des enfants (si on ôte la plasticité liée à la croissance).

 

En d'autres termes, leur cerveau évolue énormément : il forme et détruit des connections neurales en permanence.

 

Plus le cerveau travaille et plus il crée des connections. Mais quand il « s'ennuie », le cerveau détruit des connections.

 

La destruction des connections donne tous les problèmes neurologiques que l'on connait chez les vieux animaux (perte de mémoire, problème de reconnaissance...). Une destruction souvent irréversible quand les symptômes apparaissent.

 

La construction des connections donne ce que l'on appelle l'apprentissage et l'expérience. Elles forment le cerveau et le façonne pour qu'il puisse fonctionner au mieux.

 

Quand on met un animal à la retraite, on cesse de le travailler, de lui apprendre des choses nouvelles... et il perd ainsi, petit à petit, toute capacité cognitive.

 

Donc, plus l'animal cogite, apprend, moins il va déprimer et perdre ses capacités cognitives.

Plus l'animal garde une activité physique normale, plus il conserve ses articulations en bonne santé et une musculation adéquate.

 

La retraite dont l'animal pourra profiter est donc une retraite progressive qui s'adapte à ses capacités en maintenant des moments « physiques » et des moments « intellectuels ».


Pour plus de détails sur la retraite des vieux chevaux, voir cet article.

Vieux bouquetin. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Vieux bouquetin. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Publié dans Neurologie

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