Les crises neurologiques (malaise, épilepsie, convulsion...)

Publié le par Anne Cat et François

 

Souvent impressionnantes, les crises neurologiques sont connues sous le nom d'épilepsie, de narcolepsie, de convulsions, de malaises... et se basent toutes sur un même principe.

 

Les crises neurologiques sont considérées comme une urgence vétérinaire si l'animal fait :

 

  • plus de deux crises en moins de 24 heures avec un comportement redevenu normal entre les crises,

  • une crise qui dure plus de 5 minutes,

  • des crises sans reprise totale de conscience pendant 30 minutes.

 

Si vous êtes dans un des cas présentés ci-dessus, consultez rapidement un vétérinaire.

 

Un neurone sain est dans un environnement sain. Il n'est pas influencé par des drogues, dispose de suffisamment de nutriments, expulse correctement ses déchets, possède un bon équilibre ionique. Il est équilibré entre l'excitation et l'inhibition qu'il reçoit des autres neurones. Il est donc stable et ne provoque pas de trouble.

 

Lors d'une crise, ce neurone est bouleversé par un changement dans l'environnement. Il devient donc sur-excité et va provoquer une vague d'excitation qui va se propager à tous les neurones voisins. Ces messages erronés donnent, selon les cas, des pertes de conscience, des mouvements involontaires ou des comportements aberrants... puis le cerveau rétablit l'équilibre dans ses neurones et la crise cesse.

 

Une crise est donc caractérisée par son côté soudain et sa résolution spontanée. Si les crises se répètent, on parle d'épilepsie.

 

Suite à la crise, l'animal présente une période de transition pendant laquelle il peut être confus, tourner en rond, se prendre des objets, dormir pendant une longue période ou montrer un appétit vorace.

 

Ces comportements constituent un moyen de dépenser l'excitation emmagasinée pendant la crise. Ils peuvent durer selon les cas entre quelques minutes et plusieurs jours.

 

Les chevaux sont connus pour avoir des périodes de transition très longues pouvant aller jusqu'à 3 ou 4 jours après la crise.

 

La durée de la période de transition ne dépend pas de la sévérité ou de la durée de la crise. Ainsi certaines « mini-crises » peuvent déboucher sur des périodes de transition très longues.

 

La cause d'une crise est donc un changement de l'environnement neuronal (qui se situe souvent dans le prosencéphale). Elle peut être interne ou externe.

 

Les causes internes les plus fréquentes comprennent :

 

  • une malformation de naissance,

  • une blessure ou un choc,

  • une tumeur,

  • une inflammation,

  • une dégénérescence.

 

Pour les blessures et les chocs atteignant le cerveau, n'hésitez pas à remonter longtemps dans l'historique de votre animal. Une crise peut arriver quelques semaines voire quelques mois après la blessure. En effet, le processus de cicatrisation va créer et détruire des neurones, ce qui va changer l'environnement du neurone régulièrement et peut donc provoquer des crises.

 

Les causes d'inflammation comprennent les infections virales, fongiques ou d'origine parasitaires et les atteintes auto-immunes menant à un processus inflammatoire à proximité du neurone.

 

Les dégénérescences cérébrales peuvent avoir pour origine des accidents vasculaires (hypertension ou rupture d'un vaisseau sanguin), certaines carences (en thiamine chez les félins ou les ruminants), une forte déshydratation, une consommation excessive de sel ou l'action de molécules toxiques.

 

Les causes externes les plus fréquentes regroupent :

 

  • l'hypoglycémie,

  • un problème hépatique,

  • un déséquilibre minéral important donnant lieu à un déséquilibre osmotique,

  • un problème rénal chronique,

  • un manque d'oxygène,

  • une hyperlipidémie,

  • une hyperthermie (de la fièvre par exemple),

  • un parasitisme élevé.

 

Une crise peut avoir plusieurs causes externes et internes.

 

Parmi les autres causes, on peut trouver le taux hormonal (la crise d'oestrus), la génétique (les crises des poulains arabes)... mais il en existe beaucoup d'autres.

 

Certaines crises ne possèdent aucune cause connue, elles sont alors qualifiées d'idiopathiques en attendant qu'on résolve le mystère de leur survenue.

 

Truie et porcelet. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Truie et porcelet. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Publié dans Neurologie