Le soufre comme antiseptique ?

Publié le par Anne Cat et François

 

Le soufre… Avec ce simple élément, on remonte à la préhistoire de la désinfection mais c’est assez efficace puisque c’est encore utilisé comme conservateur alimentaire. Chimiquement parlant, on a à faire au H2SO3 qui donne SO2 (le seul actif) et de l’eau lors de sa décomposition.

 

L’activité antiseptique du SO2 est à la fois à son action à l’extérieur et à l’intérieur de la bactérie :

 

  • Il réagit avec les nutriments du milieu empêchant leur entrée,

 

  • Les parois ont leur perméabilité modifiée par réaction du SO2 avec les protéines et les enzymes telles que NAD/NADH. Ces réactions d’addition et de sulfitolyse avec formation de dérivés S-sulfonés rendant les éléments instables. Ce sont les ponts disulfures des protéines qui subissent le plus souvent cette sulfitolyse.

 

  • Il provoque la formation de composés inactivant le SO2 comme des acides cétoniques, aldéhydes…

 

Ces deux actions permettent de perturber la croissance voire d’entraîner leur mort. Cependant, cela touche aussi les cellules vivantes, d’où son utilisation externe (et non interne) sur la peau saine ou avec peu de lésions. Sinon on risque de ralentir le développement cellulaire et donc la cicatrisation.

 

C’est un ingrédient dans de nombreuses crèmes utilisées pour traiter les troubles de la peau et des irritations, telle que l'eczéma, le psoriasis et l'acné. Il est souvent combiné avec le peroxyde de benzoyle, l'acide salicylique ou de l'alcool.

 

La concentration tolérée dans l’alimentation est de 200 ppm comme conservateur puisque l’intestin étant une muqueuse, elle ne supportera pas cette molécule qui va bloquer voire tuer ses cellules.

 

Bonne journée.

 

François Kaeffer

Tête de poney Shetland. Techniques d'élevage 2014. Image soumise à droits d'auteur

Tête de poney Shetland. Techniques d'élevage 2014. Image soumise à droits d'auteur