Analyses et diagnostic du cushing équin

Publié le par Anne Cat et François

 

 

Le mot « cushing » est aujourd'hui employé pour deux cas pathologiques bien distincts. Dans un cas, on parle de dysfonctionnement de la pars intermedia de l'hypophyse (DPIH ou PPID en anglais). Dans l'autre, on parle d'insulino-résistance.

 

Ces deux syndromes (ensembles de symptômes) n'ont pas grand chose en commun. Leurs causes, leurs diagnostics et leurs traitements sont bien distincts.

 

Le premier cas est appelé le « vrai » cushing. C'est le dysfonctionnement de la pars intermedia de l'hypophyse qui touche des chevaux âgés (en moyenne plus de 15 ans) et provoque un ou plusieurs des symptômes suivants :

 

  • de l'hirsutisme (poils éparses qui restent longs),

  • une perte de poids,

  • une polyurie-polydipsie (urine et boit beaucoup),

  • une léthargie (fatigue intense), de mauvaises performances, des infections fréquentes,

  • une fourbure inexpliquée à l'automne,

  • une fonte musculaire,

  • une sudation excessive ou une absence de sudation,

  • une augmentation du volume mammaire voire la production de lait,

  • un fourreau graisseux, des sécrétions grasses et épaisses,

  • des ulcères buccaux,

  • un épaississement, un assombrissement, des pellicules ou une odeur désagréable de la peau.

 

Une analyse du taux de cortisolémie basale ne donne pas de résultats probants et démontre plus une période de stress ou de fatigue qu'un cushing. De même, le taux d'insulinémie n'est pas un bon test car le résultat est très variable sur 24 heures.

 

Les tests de « référence » pour le diagnostic sont :

 

  • Le dosage de l'ACTH (Hormone AdrenoCorticoTrophique) endogène, dont le résultat dépend de la qualité des manipulations effectuées avant le dépistage. Certains laboratoires recommandent donc l'usage d'un témoin afin de vérifier que les étapes préliminaires ont bien été effectuées et que le résultat est fiable.

  • Le test de freinage à la dexaméthazone, autrement appelé « suppression à la dexaméthazone », s'effectue avec un protocole précis. Prise de sang avec dosage du cortisol effectuée le soir et suivi d'une injection de dexaméthazone par intramusculaire. Le lendemain (20 heures plus tard), on effectue une seconde prise de sang. La comparaison des deux taux de cortisol donne un résultat différent selon l'atteinte ou non du cheval par le cushing. La différence est moindre dans le cas du cushing. Ce test peut provoquer ou aggraver une fourbure.

 

Ces deux tests sont relativement fiables mais ils peuvent être influencés par la saison ou le stress de l'équidé. Les faux positifs sont fréquents entre août et décembre.

 

Le dernier test réalisé est un test de stimulation à la TRH (thyrotrophin releasing hormon) qui donne un résultat souvent positif pour les équidés atteints de Cushing. Ce test est encore à l'essai.

 

Le deuxième cas de « Cushing », souvent appelé ainsi de façon abusive, est l'insulino-résistance. Les équidés sont âgés en moyenne de 4 ou 5 ans.

 

Elle se traduit par :

 

  • une prise de poids facile,

  • des dépôts de masses graisseuses,

  • des fourbures à répétition,

  • de la polyurie-polydipsie,

  • une perte de muscles,

  • de la faiblesse,

  • un appétit féroce.

 

Les tests diagnostics reposent sur le glucose et l'insuline. La comparaison des deux est parfois effectuée. Le stress, l'alimentation et l'exercice physique influencent beaucoup le résultat. Il est recommandé de ne pas demander d'effort physique et de ne pas donner d'alimentation, autre que du foin ou de l'herbe, dans les quatre heures précédant la prise de sang.

 

Dans le cas du « vrai », comme du « faux » cushing, il est important de vérifier les tests en les effectuant plusieurs fois à plusieurs mois voire années d'intervalles. En effet, certains équidés peuvent présenter des signes de cushing ou d'insulino-résistance liés à des conditions de vie particulière ou à un moment de leur vie. Il convient donc de vérifier le caractère définitif de ce genre de diagnostics.

 

Membres de chevaux d'attelage. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Membres de chevaux d'attelage. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

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