Couleur du pus et autres particularités des abcès

Publié le par Anne Cat et François

 

 

Un abcès est une cavité formée par l'organisme contenant le pus. Il se forme suite à une infection bactérienne, virale, parasitaire, l'introduction d'un corps étranger, d'un liquide ou même de façon spontanée.

 

Le pus est la base de l'abcès. D'abord non circonscrit, il est constitué de débris cellulaires issus de cellules nécrosées, de cellules immunitaires détruites et éventuellement de germes pathogènes ou de parasites.

 

Tout commence donc avec une cause bactérienne, virale, parasitaire, un corps étranger, un liquide... ou par une nécrose cellulaire quelle qu'en soit l'origine.

 

Cette nécrose va relarguer des substances dans l'organisme qui vont l'alerter et l'amener à rapatrier des cellules de défense ou immunitaire.

 

Ces cellules immunitaires ont deux objectifs : nettoyer la nécrose et la cause.

 

Les cellules immunitaires vont donc faire un peu de ménage et seront bientôt suivies des cellules de la cicatrisation.

 

Ces cellules cicatricielles vont entourer le problème et régénérer le tissu initial au fur et à mesure de l'avancée du « nettoyage » effectué par les cellules immunitaires.

 

Si la cause est « bénine » ou la nécrose localisée, le tissu se refait relativement vite et il n'y a pas d'abcès formé. Mais cette phase reste, dans tous les cas, la plus « expressive » sur le plan clinique. C'est souvent à ce moment de début de formation qu'on observe les symptômes : hyperthermie, fébrilité, symptômes spécifiques à la zone touchée...

 

A ce stade, si la cause donne d'autres mortalités cellulaires, on obtient le pus avec les composants précédemment décrits. On pense souvent aux bactéries, virus et parasites mais un produit chimique par exemple peut continuer sans relâche à détruire les cellules. On obtient alors un phlegmon, c'est-à-dire du pus non enfermé dans une coque d'abcès.

 

Les cellules cicatricielles entrent en jeu et reconstruisent chaque millimètre gagné par les cellules de « nettoyage ». Comme dans toute cicatrisation, les fibres sont d'abord mises en place pour donner une trame puis les cellules colonisent. Si les fibres ne sont pas étirées ou exploitées suite aux morts cellulaires, elles se rigidifient... on obtient alors une coque ferme, la coque des abcès.

 

On peut donc dater un abcès car plus la coque est épaisse, plus la cause est ancienne.

 

A ce stade, si l'abcès est interne, on ne dispose que de peu de moyens pour le détecter. En effet, à l'échographie, un abcès ressemble à n'importe quel kyste ou cavité. Les symptômes cliniques, du fait de l'ancienneté et de la maitrise (toute relative) du problème, ne sont pas toujours évidents.

 

Il est important de noter que dans le plupart des abcès, la coque n'est pas exempte de la cause de celui-ci (bactérie, virus, parasite, produits...) sur la partie « fibreuse ». La limite entre la zone saine cicatricielle et la zone contaminée est souvent difficile à déterminer. C'est pourquoi, on ôte l'ensemble de l'abcès ou on réalise un traitement par voie générale en plus de la « vidange » de l'abcès. Si on ne fait que vider l'abcès, celui-ci pourra se reformer grâce aux résidus périphériques.

 

Concernant le pus, on peut voir de superbes coloris allant du marron foncé au vert pistache, en passant par le jaune ou le blanc crémeux.

 

La couleur du pus indique essentiellement le tissu atteint quand elle n'est ni blanche, ni jaune. Le pus étant composé des restes nécrotiques des cellules du tissu, il en hérite les pigments. Ainsi, un abcès du foie est le plus souvent marron.

 

La couleur verte met souvent en évidence les cellules immunitaires dites éosinophiliques. Ces cellules sont classiquement impliquées en cas de parasitose. Les parasites sont donc une cause à envisager sérieusement en cas de pus vert ou à tendance verdâtre.

 

Cheval au box avec trace d'injection. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Cheval au box avec trace d'injection. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Publié dans Physio-pathologie