Présentation d’une table de valeur nutritive des matières premières pour l’alimentation animale

Publié le par Anne Cat et François

 

Pour calculer la ration d’un animal, il faut pouvoir caractériser le mieux possible les aliments que l’on lui donne.

 

Pour se faire, il existe des tables très complètes qui recouvrent à la fois les céréales et leurs sous produits, les protéagineux, les oléagineux mais aussi des sous produits de l’industrie comme la mélasse de betterave ou de canne, ou bien des produits plus exotiques comme la patate douce déshydratée.

 

Pour que vous voyez comment cela se présente, voici l’exemple de l’orge  (Source INRA, 2004)

 

Première page

 

Table de composition de l'orge. INRA 2004

Table de composition de l'orge. INRA 2004

Vous constaterez qu’on a en haut une description précise du produit en question ainsi que le nombre d’échantillons analysés (N = 2739). Vous noterez qu’à chaque fois, vous avez la moyenne et l’écart-type ce qui vous donne une idée de la variabilité possible entre deux échantillons et partant du risque d’erreur que vous avez sur cette donnée (Matières grasses brutes = 1,8 +/- 0,2).

 

Vous avez ensuite la composition élémentaire qui donne les grands constituants chimiques de l’aliment : protéines, matières minérales, amidon… Pour les fibres, vous avez à la fois la méthode utilisée en France (cellulose brute méthode de Wende) que la méthode américaine ou canadienne (méthode Van Soest NDF, ADF, ADL).

 

Dans notre exemple, la cellulose brute est à 4,6 %, le Neutral Detergent Fiber à 18,7 %, les Acid Détergent Fiber à 5,5 % et Acid Détergent Lignin à 1 %… et tout cela entre dans la catégorie des fibres !!!

 

Vous trouverez à droite le type d’acides gras qui composent la matière grasse du produit. En dessous les minéraux apportés, les vitamines et quelles autres données surtout utiles aux fabricants d’aliment.

 

Vous pouvez noter si vous utilisez de l’orge qu’elle est nettement plus riche en phosphore (3,4 g/kg) qu’en calcium (0,7 g/kg) mais que ce phosphore est à 55 % sous forme phytique souvent nettement plus mal absorbé. Pour les vitamines, vous noterez que l’orge contient naturellement 0,14 mg/kg de biotine.

 

Pour certains composants, vous n’avez pas de chiffres. Cela veut dire qu’on ne connaît pas la donnée, pas forcément qu’il n’y a rien. Mais ce qui est sûr c’est qu’on ne peut pas compter sur l’aliment pour apporter ce constituant.

 

Deuxième page

 

Table de composition de l'orge (suite) INRA 2004

Table de composition de l'orge (suite) INRA 2004

 

Vous trouvez sur la page d’en face, la façon dont les différentes espèces sont susceptibles d’utiliser l’aliment en question. Jetez un coup d’œil sur l’espèce qui vous concerne. Vous noterez cependant l’affolante diversité des unités selon les espèces qui reflète non seulement les différences de digestion mais aussi les différences dans les systèmes d’estimation.

 

Enfin en bas, vous avez la composition des protéines en différents acides aminés et la façon dont les espèces en tirent profit. Ainsi l’orge contient 3,8 g de lysine par kg alors qu’à titre de comparaison, un maïs en contient 2,4 et un tourteau de soja 48 contient 27,8 g de lysine par kg.

 

Ce sont à partir de tables de ce type, qu’elles soient sous forme informatique ou papier que les personnes qui formulent les aliments ou celles qui calculent des rations raisonnent.

 

Et quand vous donnez une poignée d’orge, c’est tout cela que vous donnez….

 

Bonne journée.

 

Catherine Kaeffer

Tables de composition et de valeur nutritive des matières premières destinées aux animaux d'élevage. Sauvant, Perez et Tran coord. INRA Editions 2004. 

Publié dans Alimentation, Ration

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