Prudence ou faire attention à soi, une notion apprise

Publié le par Anne Cat et François

 

Le jeune animal est vif et insouciant. Pour lui, rien n'est dangereux. Il n'envisage pas de se faire mal ou d'avoir des ennuis.

 

Au départ, l'insouciance est liée à l'immaturité mentale. Elle dure, selon les espèces, les premiers jours ou les premières années de vie.

 

Durant ce laps de temps, chaque événement ne pourra donner lieu à un comportement adaptatif clair, à l'appréhension ou à l'anxiété. La protection devra donc être sans faille.

 

Quand le jeune grandit, il acquiert la faculté de concevoir qu'un événement en entraine un autre. Il peut alors stresser, devenir anxieux ou avoir peur. De ces éléments peuvent découler une réflexion et plus tard la prudence.

 

Mais cette prudence n'a rien d'innée, elle est le fruit d'un processus psychologique bien défini. Elle est le juste milieu entre l'insouciance et la peur panique.

 

La prudence est enseignée par la vie et la réflexion du jeune mais aussi par les congénères et, à défaut, par le « référent humain ».

 

On adopte une politique de plus en plus interventionniste vis-à-vis des jeunes que l'on manipule et dresse de plus en plus jeune. Pourtant, la « leçon de vie » n'est jamais au programme.

 

On apprend aux jeunes à faire des exercices prédéfinis, à exécuter les « yeux fermés » nos demandes. Mais nous ne pratiquons que trop rarement la leçon de la prudence ou de la réflexion.

 

Laisser l'animal se mettre en situation délicate, le laisser réfléchir comment il peut s'en sortir et éventuellement le guider vers la solution. Cette attitude n'est pas innée pour les protectionnistes que nous sommes parfois vis-à-vis de nos jeunes animaux.

 

Or nos animaux en ont besoin. Ils ont besoin d'acquérir l'expérience de leurs pairs dont on élimine aujourd'hui très souvent la présence.

 

Un animal doit toucher une flamme pour savoir que cela brûle. On peut le prévenir, éviter les mouvements brusques, mais il faudra le laisser effleurer pour qu'il puisse apprendre et comprendre.

 

C'est là que le travail du « référent humain » est difficile. Laisser apprendre en minimisant les risques suffisamment pour éviter les gros dégâts mais aussi pour qu'une solution puisse être retenue.

 

Le « référent humain » devra aussi favoriser la réflexion dans le quotidien en apportant le calme et la stabilité, tant émotionnelle que physique, nécessaire à l'apprentissage.

 

Un « référent humain » devra donc être stable lui-même pour aider le jeune animal à trouver sa voie.

 

Une voie qui peut mener au chaos ou à l'harmonie... le jeune âge est un moment délicat où tout se joue, le bon comme le mauvais.

 

Couple de renards dans un parc. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Couple de renards dans un parc. Image soumise à droits d'auteurs. Techniques d'élevage 2014

Publié dans Dressage-Education