Pourquoi vermifuger un animal ?

Publié le par Catherine, François et Anne

 

 

Vermifuger est devenu pour beaucoup un réflexe, lié à une date, une convention, une bonne intention... cette façon de faire a mené à beaucoup de dérives, de résistances et à une mauvaise réputation des vermifuges chimiques.

 

Donner un vermifuge, ce n'est pas comme donner une friandise.

 

Un vermifuge, qu'il soit naturel ou chimique, est un mélange de molécules qui agissent sur les parasites internes du tube digestif et parfois sur les parasites en dehors du système digestif.

 

Il va donc passer dans le tube digestif seulement et/ou diffuser dans tout l'organisme de votre animal afin de le « purifier ».

 

Cela implique que votre animal va avoir dans son tube digestif et dans son corps, un cocktail de molécules simples ou issues de la digestion du vermifuge. Des molécules qui ne font pas partie de son quotidien et qui vont bouleverser son organisme.

 

En d'autres termes, vous allez perturber pendant plusieurs heures voire plusieurs jours, un équilibre que l'animal a parfois eu bien du mal à construire.

 

Il est donc important de savoir pourquoi vous le faites et si c'était vraiment nécessaire de le faire.

 

Le principe du vermifuge naturel ou chimique est le même. On suppose que les effets bénéfiques liés au déparasitage de l'animal vont contrebalancer les effets négatifs liés aux molécules et aux effets de celles-ci.

 

Mais ce principe n'est valable que lorsque le parasitisme est présent dans des proportions raisonnables.

 

En effet, imaginons un animal peu parasité qu'on vermifugerait.

 

Les molécules du vermifuge ne sont absorbées que par peu de parasites et vont être libres de passer dans l'organisme de l'animal ou d'affecter les cellules du tube digestif. Elles seront en grand nombre à la sortie à rester intactes et à passer dans l'environnement.

 

Dans ce cas de figure, on a les effets négatifs ou secondaires du vermifuge pour l'animal (il y en a toujours), une résistance augmentée des parasites et une action néfaste sur l'environnement et la faune sauvage.

 

Si l'animal est très parasité, les molécules vont être utilisées en totalité. L'impact sur l'animal par les molécules reste donc limité.

 

Mais le vermifuge va provoquer la paralysie ou la mort de nombreux parasites dans le tube digestif et/ou dans le corps de l'animal. Ce qui va avoir des conséquences pour l'animal.

 

D'une part, une quantité importante de parasites va se retrouver dans le tube digestif comme des « poids morts » qui vont s'entrelacer, s'agglomérer et former des bouchons. Ces bouchons composés de corps de parasites parfois résistants à la digestion de l'animal peuvent alors bloquer le tube digestif. On obtient des obstructions intestinales par exemple.

 

D'autre part, les parasites ne se trouvant pas dans le tube digestif vont mourir et ne seront pas expulsés. Ils vont donc se nécroser dans le corps de votre animal et libérer, comme tout corps en décomposition, des composés plus ou moins nocifs pour votre animal. Quelques parasites ne posent pas de problèmes mais à partir d'un certain nombre de « cadavres », on a des ennuis.

 

Enfin, quelques parasites du tube digestif disposent de systèmes d'accroche dans la muqueuse du tube digestif. A leur mort, ils laissent donc une zone non protégée de l'animal accessible aux sucs digestifs... ce qui peut provoquer des ulcères.

 

Et tout cela, nous l'envisageons avec une dose suffisante pour que l'excès de parasites ne pose pas de soucis. Sinon, la dose insuffisante va générer des parasites affaiblis mais qui pourront en se remettant développer une résistance aux molécules utilisées.

 

Il est donc essentiel pour qu'un vermifuge se passe bien de le faire quand l'animal est parasité de façon nette mais sans excès.

 

Un autre facteur rentre cependant dans la réflexion « pourquoi vermifuger un animal », c'est le contrôle du cycle parasitaire.

 

En effet, on peut faire le choix de vermifuger uniquement quand le besoin s'en fait sentir pour l'animal ou pour éviter une prolifération importante des parasites dans le milieu de vie. Cette prolifération pourra être à terme dangereuse pour l'animal mais elle peut l'être aussi pour des animaux plus jeunes, plus fragiles... et on peut, en raisonnant sur le cycle parasitaire, amener à un niveau bas voire nul de parasitisme.

 

C'est de ce raisonnement qu'est né la fameuse recommandation « vous avez trouvé des vers dans les fèces de votre chaton ou chiot vermifugé, refaites un vermifuge 15 jours après ».

 

En effet, ici, on ne cherche pas à contrôler une infestation trop massive (d'ailleurs le dit chaton ou chiot va très bien 15 jours après le premier vermifuge) mais à assainir l'environnement de votre chaton ou chiot en certains parasites.

 

Prenons un exemple.

 

Le parasite X est présent dans un chaton. On vermifuge le dit-chaton et on trouve dans ses fèces le parasite X. Mais logiquement, si le traitement est efficace, le taux de parasites dans mon chaton est égal à 0.

 

Supposons que le parasite X ait été capable de se reproduire. Son dernier « bébé-parasite » n'a pu être émis au plus tard qu'au moment du vermifuge.

 

On sait que X a un cycle où il passe 14 jours dans la litière, sur le parquet, sur les vêtements et dans le panier, avant de réinfester le chaton.

 

Donc le dernier bébé-parasite X étant né le jour du vermifuge, il aura l'âge de réinfester le chaton au bout de 14 jours...

 

Si vous vermifugez à 15 jours après le premier vermifuge, vous traiterez donc tous les parasites présents dans le tube digestif et comme le milieu de vie se sera vidé de tous les parasites, vous aurez un chaton et un milieu de vie sain.

 

Cette théorie a des limites.

 

La première est la nature du milieu de vie. On peut espérer assainir un espace clos avec peu de contacts extérieurs et une population vermifugée en même temps. Mais dans un espace ouvert, avec des contacts extérieurs ou une population non maîtrisée, une telle volonté est illusoire.

 

En d'autres termes, petit chaton peut avoir suivi le protocole, si le chat du voisin ou le chat sauvage du quartier vous excrète en masse des parasites, petit chaton sera infesté régulièrement.

 

La deuxième limite est la connaissance du cycle parasitaire qui est impérative et qui est souvent absente dans ce raisonnement. Car il n'y a pas deux parasites qui ont le même cycle, les mêmes temps, les mêmes phases... le faire systématiquement à 15 jours simplifie certes l'effort de mémorisation mais n'apporte aucun avantage si on n'a pas le « bon » parasite.

 

Imaginez que le parasite passe 2 jours dans le chaton où il produit ses œufs, 1 sur le sol pour maturer puis retour au chaton... Vous aurez des milliers de vers dans votre environnement avant d'avoir fait votre deuxième vermifuge et vous n'en tuerez pas beaucoup.

 

Alors avant d'acheter le vermifuge, posez-vous la question « pourquoi vermifuger mon animal ? », « que vais-je y gagner ? »

 

« Mon animal est-il infesté ? »

« Par quels parasites ? »

« Dans quelles conditions suis-je ? »

« Que puis-je espérer comme résultat ? »

 

Cet article a été rédigé par l'équipe de Techniques d'élevage, pour découvrir d'autres articles et les services de notre équipe, rendez-vous sur http://www.techniquesdelevage.fr ou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage

 

Seringue sur la paille. Tous droits réservés. Techniques d'élevage 2015

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Publié dans Vermifuge

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