Comment faire grossir un cheval ?

Publié le par Catherine Kaeffer. Alpha & Oméga

Mon cheval est maigre, cela me désole et je n’arrive pas à le garder en état.

Le cheval qui reste maigre malgré tous les efforts du propriétaire, on le rencontre finalement assez souvent. Alors chacun y va de son petit truc, qui le maïs, qui la luzerne, qui le fenugrec qui l’orge germée, ou l’huile et j’en passe.

D’expérience, des fois cela marche, des fois c’est un emplâtre sur une jambe de bois.

En fait, c’est parce que sans le dire, le raisonnement glisse subrepticement du symptôme à la conclusion « évidente » : s’il est maigre c’est qu’il n’a pas assez.

Si les résultats sont si hétérogènes, c’est que le symptôme du cheval maigre est l’arbre qui cache la forêt.

Pour faire grossir un cheval, il faut donc comprendre pourquoi il a maigri au départ, pourquoi il est resté maigre ensuite, les tentatives qui ont été faites pour le remettre en état.

En effet, si on assimile le cheval à une voiture : pour que la voiture avance bien, il faut que le moteur tourne correctement donc que l’ensemble des pièces fonctionne. Il suffit que le radiateur soit naze, que les bougies soient sales ou que la courroie ait cassé pour que la voiture soit en panne. On a donc bien un symptôme (la voiture n’avance pas et le cheval est maigre) et une multiplicité des causes possibles.

Il suffit d’une de ces causes pour que comme dirait Bourvil : « Maintenant elle va marcher beaucoup moins bien forcément ! »

Mais vous pouvez changer 25 fois les bougies, si c’est la courroie qui a cassé, cela ne va pas résoudre votre problème.

Donc, il est nécessaire pour faire grossir un cheval de chercher où le bât blesse.

La première chose à écarter est l’aspect patho. Un cheval qui souffre, un cheval malade ou qui a des organes qui fonctionnent mal peut être maigre sans que l’alimentation n’y soit pour rien. Donc à moins que la ration ne soit visiblement pas adaptée au cheval, un point vétérinaire s’impose.

La meilleure ration du monde ne valant que si le cheval la consomme, faire vérifier les dents et vérifier que le cheval ingère bien la quantité de nourriture prévue.

En outre, le vétérinaire pourra détecter une pathologie qui entraînera des contraintes alimentaires comme l’hyperkaliémie récidivante, les ulcères, les myopathies, la fourbure, les problèmes rénaux…

Si tout est OK, il faut regarder la ration dans le blanc des yeux.

La première chose à vérifier c’est si l’apport énergétique est cohérent avec les besoins estimés du cheval.

Si oui, c’est que le problème est ailleurs.

Si non, on peut avoir un apport énergétique insuffisant. En ce cas, le cheval est maigre parce qu’il n’a pas assez. C’est le cas le plus simple.

On peut aussi avoir un apport énergétique supérieur à celui attendu. Dans ce cas, on donne trop au cheval. Cela veut donc dire que pour une raison ou une autre, il ne peut pas profiter de sa ration normalement. Soit il ne la digère pas et tout se retrouve dans le crottin, soit il a digère mais il ne l’utilise pas bien.

Si l’apport énergétique est suffisant ou excédentaire, il faut aller plus loin et considérer les protéines.

En cas de carence protéique, on peut légitimement penser qu’on a mis le doigt sur le problème.

Un excès net de protéines est non souhaitable et peut entraîner des mal-digestions. Mais il est rarement à lui seul responsable du problème à moins qu’on se retrouve avec des crottins mous, vert foncé et malodorants.

La teneur en cellulose brute doit simplement être suffisante soit nettement supérieure à 20 % pour un cheval adulte. Par contre, si vous avez un poulain de moins de 18 mois ou un vieux cheval, une teneur en cellulose brute importante peut être néfaste à une bonne digestion.

Si on n’a rien trouvé ni dans l’énergie, ni dans les protéines, que la teneur en cellulose ne vous fait pas hurler, il faut se pencher sur les carences minérales soit directes (il n’y a pas assez de X), soit indirectes (comme il y a trop de Y, cela me bloque mon X. Donc bien que j’en donne assez, tout se passe comme si je n’avais pas assez de X).

Les carences vitaminiques peuvent exister mais elles sont plus rares.

En conclusion, donner les yeux fermés à un cheval plus d’énergie (ou de protéines) parce qu’on veut le faire grossir marchera si vous avez la chance que ce soit justement ce facteur-là qui est problématique. Sinon, cela ne marchera pas voire cela accentuera le phénomène.

Par contre, une fois que vous avez déterminé la cause, il devient beaucoup plus facile de pallier les carences pour retrouver un équilibre. Dans certains cas, il vous faudra effectivement monter globalement la ration mais dans d’autres la solution sera de la modifier, de la rééquilibrer mais aussi… de la baisser !

Si c’est votre cheval, pas de problème mais si c’est le cheval de quelqu’un d’autre, vous avez intérêt à avoir des arguments solides pour soutenir votre position car franchement, baisser la ration d’un cheval pour qu’il grossisse, vous allez avoir du mal à passer…

Bienvenue au club.

Catherine Kaeffer

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Cheval légèrement maigre. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

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