L’intoxication au cyanure : à couper le souffle !

Publié le par Catherine, François et Anne

 

L’un des poisons les plus utilisés de l’Histoire est le cyanure. Aujourd’hui, ce toxique peut toucher les chevaux et ruminants via les plantes produisant des hétérosides cyanogènes. Ces dernières ne seront pas abordées dans cet article, nous resterons à l’intoxication, pure et dure !

 

Comme toujours, je retrace le parcours de la molécule dans l’organisme à l’aide des 5 parties :

 

  • L’absorption : mis à part la voie orale, il est possible de s’intoxiquer dans certains cas d’incendie lors de la pyrolyse de certains composants du plastique. L’absorption est rapide de quelques secondes par voie respiratoire à quelques minutes par voie orale.

 

  • Distribution : le transport dans l’organisme s’effectue par les globules rouges pour l’essentiel. Les organes les plus touchés sont le foie et le rein qui assurent la métabolisation de cette molécule.

 

  • Métabolisation : une enzyme (la thiosulfate-sulfure transférase) assure la métabolisation de l’ion cyanure (CN-) à l’aide de thiosulfate (S2O32-) en thiocyanate (SCN-) qui est ensuite éliminé. Cette voie est cependant vite dépassée par les événements.

 

  • Elimination : La voie rénale élimine rapidement le thiocyanate formé.

 

  • Toxicologie : Le cyanure se fixe de manière stable au fer ferrique (hémoglobine, empêchant le transport de l’oxygène), au cobalt (d’où une autre voie de prise en charge via la vitamine B12) et au cuivre (du cytochrome oxydase de la chaîne respiratoire bloquant ainsi l’utilisation de la voie aérobie de la cellule).

 

L’oxygène n’arrive donc plus aux cellules et le peu qui y arrive ne peut plus être utilisé. Les cellules sont donc obligées de prendre la voie anaérobie avec la production d’acide lactique. Cette crampe généralisée se finit par un arrêt cardiaque dans les cas les plus graves.

 

Les formes mineures donnent une agitation, des problèmes de coordination, troubles de la marche et tachycardie.

 

Il existe des expositions chroniques avec une atteinte du cerveau et une hypothyroïdie (frilosité, stockage excessif de graisse…).

 

Les intoxications sont difficiles à soigner du fait d’un besoin en matériel important et/ou du Cyanokit qui contient un antidote pour métaboliser rapidement le cyanure. Mais c’est du domaine vétérinaire…

 

Bonne journée.

 

François Kaeffer

 

Cet article a été rédigé par un membre de l'équipe de Techniques d'élevage. Retrouvez tous nos articles sur http://www.techniquesdelevage.fr ou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage.

Hétéroside Cynanogène. François Kaeffer. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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