MicroARN dans l'alimentation

Publié le par Catherine, François et Anne

 

Vous n'en avez peut-être jamais entendu parler et pourtant ils sont partout et ouvrent des voies à de nouvelles applications !

 

Découverts au début du XXIe siècle, les microARN sont de petites chaînes de nucléotides (une vingtaine) qui proviennent de gènes ne codant pas pour des protéines. Ces molécules jouaient un rôle crucial dans la régulation des fonctions physiologiques. Elles font partie du kit d'échanges moléculaires entre cellules servant de messagers, un peu comme les hormones. Hors de la cellule, elles échappent facilement aux enzymes en se cachant dans des complexes moléculaires ou des vésicules (exosomes, par exemple).

 

Leurs fonctions sont très conservées dans le monde vivant, en se jouant parfois des barrières entre espèces. Plus surprenant, elles sont impliquées dans les échanges d'informations entre l'Homme et certains pathogènes (des microARN humains passent chez le Plasmodium falciparum, agent de la malaria ; ou en sens inverse dans la maladie de Chagas). Elles sont devenues en l'espace de dix ans, une source de biomarqueurs, notamment pour détecter les états pathologiques chez le cheval et pourraient jouer un rôle de nouvelles molécules nutritionnelles. C'est là qu'elles deviennent étonnantes : un aliment, une boisson contiennent des MicroARN qui échappent à la digestion et qui pourraient influer sur notre santé.

 

MicroARN et alimentation

 

C'est dans le lait maternel, que les preuves de leur activité sont les plus convaincantes.Les microARN envoyés par la mère à son bébé peuvent être incorporés au sein de cellules exfoliées, d'exosomes, de microvésicules ou de globules gras. Il a été proposé d'utiliser le miARN-155 pour prévenir l'atopie du nourrisson. Mais de nouvelles données dans le domaine des microARN ouvrent la possibilité de manipuler le lait maternel par certains microARN végétaux de l'environnement ouvrant des perspectives dans la sensibilisation ou la désensibilation aux allergies

 

Chez l'adulte, des preuves du passage de micro-ARN provenant du lait de vache sur le consommateur sont disponibles. Par contre, la polémique fait rage autour des microARN de plantes dont la consommation pourrait influencer le métabolisme humain. Ainsi un microARN issu du riz pourrait influer le métabolisme hépatique mais un tel effet n'a pas été retrouvé avec un microARN de Brocoli et fait l'objet de nombreuses critiques.

 

MicroARN du cheval

 

Un inventaire très exhaustif des microARN chez le cheval a été dressé par analyses de séquençage à haut débit des ARN par l'INRA. Chez l’homme on en connaît plus de 1600, mais seulement autour de 700 sont connus à ce jour chez le cheval.Certains sont spécifiques d’organes : muscle squelettique, cœur, foie , rein… D’autres sont ubiquitaires et signent des grandes voies métaboliques : régulation de l’énergie, prolifération cellulaire, inflammation, activité anti tumorale….

 

Certains microARN peuvent passer dans le sang soit lors de lésions cellulaires (mir-122 du foie), soit en l’absence de lésions comme messager (mir-1, mir-133 du muscle). En matière de pathologie musculaire équine, c’est une très bonne alternative à la biopsie en proposant sur simple prélèvement sanguin le dosage des microARN spécifiques des muscles ce qui permet le contrôle de la réparation des fibres.

 

Bertrand Kaeffer

 

Cet article a été rédigé par l'équipe de Techniques d'élevage, pour découvrir d'autres articles et les services de notre équipe, rendez-vous surhttp://www.techniquesdelevage.frou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage.

MicroARN dans l'alimentation

Publié dans Physio-pathologie, Analyses

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