Le lin et le cyanure : un mariage pas toujours innocent

Publié le par Catherine, François et Anne

 

Lorsque l’on  veut augmenter l’apport en protéine d’excellente qualité, en règle générale, on utilise le tourteau de soja. Cependant, certains d’entre vous préfèrent se rabattre (à cause des risques potentiels OGM) sur le tourteau ou la graine de lin qui ont en outre la réputation de faire un beau poil

 

C’est une solution comme une autre, à la seule condition de connaître un léger, subtil mais non moins crucial petit détail : la présence d’un hétéroside cyanogène, la linamaroside.

 

Ce type de molécule contient une partie osidique (sucre), une partie non osidique (dérivant d’un acide aminé) et un groupement cyanure.

 

Vous n’allez pas couper à la partie métabolique de cette affaire.

 

 

Voie chimique de l'intoxication au cyanure par le lin. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Voie chimique de l'intoxication au cyanure par le lin. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

 

 

Tout part donc d’un acide aminé et pour le lin, c’est la Valine qui sert de point de départ.

 

Une fois notre hétéroside prêt, une simple hydrolyse va libérer notre sucre puis le rabattement de la liaison perdue de l’oxygène va libérer le groupement cyanure (CN-) très labile. La graine est d’ailleurs le plus risquée en matière d’intoxication.

 

Les teneurs en hétérosides ne sont néanmoins pas fixes et dépendent de plusieurs paramètres :

 

  • L’âge de la plante : les jeunes plantes en croissance posent plus de problèmes du fait des productions en acides aminés plus importantes.

 

  • Les conditions climatiques : chaleur et humidité favorisent l’hydrolyse et la production de ce type de molécule.

 

  • Les traitements aux herbicides donnant davantage d’ammoniac au sol permettent une production en acide aminé susceptible de passer par cette voie.

 

Que l’on se rassure, les aliments obtenus avec le lin ne posent pas de problèmes puisque le chauffage annihile le risque d’intoxication (détoxication par évaporation). Le risque c’est lorsque le produit est frais et non traité thermiquement.

 

Vous trouverez certains auteurs qui réfutent la possibilité d’une intoxication à cause de quantité trop faible de ces hétérosides mais cette plante est toujours considérée comme toxique que ce soit par Wolter ou Martin-Rosset, pour ne citer que ceux-là.

 

Il est recommandé, par mesure de sécurité, de ne pas dépasser 100-300g/j/cheval de tourteau de lin.

 

Bonne journée.

 

François Kaeffer

 

Cet article a été rédigé par un membre de l'équipe de Techniques d'élevage. Retrouvez tous nos articles sur http://www.techniquesdelevage.fr ou http://anneetcat.wix.com/techniques-elevage.

 

 

Tout part donc d’un acide aminé et pour le lin, c’est la Valine qui sert de point de départ.

 

Une fois notre hétéroside prêt, une simple hydrolyse va libérer notre sucre puis le rabattement de la liaison perdue de l’oxygène va libérer le groupement cyanure (CN-) très labile. La graine est d’ailleurs le plus risquée en matière d’intoxication.

 

Les teneurs en hétérosides ne sont néanmoins pas fixes et dépendent de plusieurs paramètres :

 

  • L’âge de la plante : les jeunes plantes en croissance posent plus de problèmes du fait des productions en acides aminés plus importantes.

 

  • Les conditions climatiques : chaleur et humidité favorisent l’hydrolyse et la production de ce type de molécule.

 

  • Les traitements aux herbicides donnant davantage d’ammoniac au sol permettent une production en acide aminé susceptible de passer par cette voie.

 

Que l’on se rassure, les aliments obtenus avec le lin ne posent pas de problèmes puisque le chauffage annihile le risque d’intoxication (détoxication par évaporation). Le risque c’est lorsque le produit est frais et non traité thermiquement.

 

Vous trouverez certains auteurs qui réfutent la possibilité d’une intoxication à cause de quantité trop faible de ces hétérosides mais cette plante est toujours considérée comme toxique que ce soit par Wolter ou Martin-Rosset, pour ne citer que ceux-là.

 

Il est recommandé, par mesure de sécurité, de ne pas dépasser 100-300g/j/cheval de tourteau de lin.

 

Bonne journée.

 

François Kaeffer