Faire travailler un cheval pour le faire maigrir, est-ce efficace ?

Publié le par Catherine, François et Anne

 

 

Souvent dans le cas de chevaux de loisir qui ont tendance à prendre du poids, notamment à l’herbe, on préconise d’augmenter le travail.

 

Dans un article précédent, nous avons montré qu’un cheval ou un poney à l’entretien, quelle que soit sa race, grossira inéluctablement au pâturage si la quantité d’herbe n’est pas limitante.

 

Un des conclusions était que si l’on ne souhaitait pas que l’animal s’arrondisse, il fallait limiter la quantité d’herbe offerte soit en limitant le temps de pâture (à moins de 8 heures), soit en limitant la surface, soit en ayant un couvert peu dense.

 

Mais beaucoup de propriétaires ont des difficultés pour mettre en place cette gestion de parcelle ou répugnent à le faire.

 

Est-ce qu’il est possible d’augmenter suffisamment les besoins en augmentant le travail pour que l’animal passe la belle saison à poids constant ?

 

Voici les résultats obtenus sur un cheval ou un poney au travail. Vous retrouvez en bleu les besoins énergétiques, en vert l’apport avec de l’herbe de mai et en jaune l’apport avec une herbe d’été (quantité ad libitum).

 

 

Besoins et apports énergétiques d'un cheval au travail à l'herbe. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Besoins et apports énergétiques d'un cheval au travail à l'herbe. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

 

 

On constate que pour tous les chevaux l’apport de l’herbe de mai sera largement excédentaire par rapport aux besoins. Ceci étant, il ne faut pas oublier que cet optimum est fugace d’autant plus que la qualité de l’herbe décroît très vite au 1er cycle du fait de l’épiaison. Mais enfin tout de même, logiquement, l’animal prendra du poids pendant au moins 3-4 semaines.

 

Pour ce qui est de l’herbe d’été, là, par contre, les apports seront inférieurs aux besoins. Cela peut être utilisé pour équilibrer le gain de poids dû à l’herbe de printemps. Sinon, il convient d’apporter pour certains chevaux un aliment complémentaire.

 

A noter que dans ce cas particulier, un apport de foin ne servirait à rien puisque ce n’est pas la quantité d’herbe qui est insuffisante mais bien sa densité énergétique qui est trop faible (ou si vous préférez son encombrement qui est trop important). Bref, c’est comme les produits qu’on vous vend le prix de l’or en barre et qui ont pour objet d’occuper un gros volume en apportant le moins possible de calories pour vous faire maigrir.

 

On pourrait donc tirer de ce graphique, l’idée que l’augmentation du travail permet de faire maigrir un cheval ou tout du moins d’éviter qu’il prenne du poids à l’herbe.

Certes.

 

Ceci étant, le niveau de travail retenu est équivalent à 2 heures de sortie quotidienne pour un cheval de promenade, d’une reprise de 1 heure pour un cavalier entre galop 1 et 5 ou bien de 2 à 4 heures de randonnée… et cela 7 jours sur 7.

 

Il faut dans ce cas, à la fois que le cheval puisse, par son état de santé et sa condition physique soutenir l’effort et que le cavalier ait le temps de le travailler à ce rythme.

 

Ceci étant, le travail même moins important permet d’entretenir la musculature et la souplesse, de favoriser la circulation du sang, de donner un cheval plus « dense ».

 

Mais pour avoir un réel effet amaigrissant, il faut qu’il soit tout de même soutenu ce qui n’est pas toujours possible.

Catherine Kaeffer