Alimentation des rapaces et des reptiles : composition des proies entières (partie 2)

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

Dans les zoos ou chez les détenteurs de rapaces ou de reptiles, les proies entières sont souvent utilisées pour nourrir les animaux. Il est classique de choisir des proies de taille proportionnelle à l’animal et qu’il aurait pu consommer en milieu naturel.

 

Dans un précédent article, nous vous avons présenté les compositions chimiques de quelques proies entières et de l’entrecôte crue à titre de comparaison.

 

Les proies entières sont souvent la principale voire la seule source d’eau pour l’animal. Cette considération doit amener, si on utilise une source alimentaire de substitution comme les produits secs ou pour carnivores domestiques, à chercher à se rapprocher d’une teneur en matière sèche de 30 %. Pour les proies entières, la teneur en matière sèche augmente avec l’âge de la proie et l’apport énergétique.

 

De façon générale, la teneur en protéines et la teneur en graisse sont inversement proportionnelles. La teneur en protéines diminue avec l’âge de la proie. L’utilisation exclusive de proies nouveau-né peut donc entraîner un déficit à la fois en énergie et en acides gras. Le fait d’éviscérer la proie entraîne une baisse de la matière grasse par rapport à l’animal entier. Les proies issues d’élevage sont plus riches en matières grasses et moins riches en protéines que leurs congénères sauvages que l’animal pourrait chasser naturellement.

 

Les apports minéraux sont extrêmement variables en fonction de l’âge et du type de proie. A cela, il faut ajouter qu’on ne connaît pas la part de ces minéraux qui sont réellement disponibles pour l’animal et celle qui est rejetée par les pelotes de réjection ou par les déjections.

 

Les teneurs en vitamine A augmentent avec la maturité de la proie par accumulation dans son organisme. Le principal organe de stockage est le foie. Le régime alimentaire influe beaucoup sur les quantités de vitamines A stockées. Ainsi les animaux de laboratoire adultes sont particulièrement riches en vitamine A.

 

Par simple comparaison de la composition chimique, on peut aisément comprendre pourquoi la viande de bœuf, parfois offerte par des non connaisseurs qui recueillent un animal en détresse, n’est pas du tout adaptée à l’alimentation de ces animaux : trop de gras et une teneur en minéraux qui n’a rien à voir avec les proies entières auxquelles ils sont adaptés.

 

Catherine Kaeffer

Nathalie Gratwohl Photographie. Tous droits réservés

Nathalie Gratwohl Photographie. Tous droits réservés

Remerciements à Nicolas Ravard, dresseur à la Fauconnerie du Voyemont

Publié dans Alimentation

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