Influence de la date de mise au pâturage sur l’évolution de la flore

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

Laissez moi vous présenter une étude assez ancienne mais qui est tout à fait de saison sur l’influence de la date de mise au pâturage sur l’évolution de la flore.

 

Il s’agissait de comparer 3 parcelles, plantées avec le même mélange (colonne semis) mais exploité ensuite pendant 2 années consécutives avec une méthode différente.

 

 

 

 

 

D'après Martin Jones. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

D'après Martin Jones. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Le semis initial comportait un mélange ray-grass (vert) + dactyle (jaune) avec une prédominance du dactyle additionné d’un chouïa de trèfle blanc (bleu) et violet (violet) et de quelques autres graminées (rouge).

 

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette étude, c’est qu’elle a été réalisée avec des moutons qui pâturent ras comme les chevaux.

 

Le ray-grass et le dactyle sont sensibles à la défoliation lorsqu’ils sont en phase de croissance active au moment du redémarrage du printemps. Par contre, le ray-grass est plus précoce que le dactyle. Il est donc en phase de croissance active plus tôt dans la saison. Une mise à l’herbe début mars alors qu’il est vulnérable le pénalise donc fortement (scénario 3).

 

Si on attend un peu pour la mise à l’herbe, le ray-grass a le temps de faire sa croissance et lors de la mise au pâturage le 15 avril, il est déjà suffisant fort pour supporter la défoliation (scénario 2).

 

On a le phénomène inverse avec le dactyle. Un pâturage en début mars, alors qu’il n’a pas démarré, ne le gène pas outre mesure et il profite de la place laissée par le ray-grass pour proliférer ensuite (scénario 3). Alors qu’une mise à l’herbe plus tardive, lui est préjudiciable (scénario 2).

 

Le scénario 1 correspond à la situation qu’on retrouve très souvent avec les chevaux : un pâturage permanent. Donc on a un pâturage à la fois au moment où le ray-grass est en croissance active ce qui le pénalise mais aussi au moment où le dactyle l’est ce qui le pénalise aussi. Par contre, le trèfle blanc qui est une plante à rhizome donc qui supporte bien la défoliation, prolifère.

 

C’est une situation qu’on retrouve souvent et qui n’est pas souhaitable au niveau nutritionnel pour les chevaux.

 

En conclusion, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle :

 

Commençons par la mauvaise. Si vous avez une pâture envahie par le trèfle blanc, vous pouvez la retourner autant de fois que vous voulez, si vous ne changez pas votre mode d’exploitation, ce sera un emplâtre sur une jambe de bois. Vous serez de nouveau rapidement envahi par le trèfle blanc.

 

La bonne est qu’il n’est pas nécessaire de se casser outre mesure la tête pour dégotter LE mélange parfaitement adapté pour les chevaux. Au bout de 2 ans, ce qui fera la pâture que vous aurez, ce n’est pas la composition du mélange acheté mais bien votre gestion de l’herbe.

 

Et avoir une bonne gestion de l’herbe, c’est loin d’être le plus facile…

 

Catherine Kaeffer