PSSM et la prise de sang (Myopathie à stockage de polysaccharides)

Publié le par Catherine, Francois et Anne

 

 

Pour rappel, la PSSM est l’accumulation de polysaccharides dans le muscle sous forme de glycogène.

 

Le principe est le suivant : le muscle récupère et stocke le glucose sous forme de glycogène afin d’en avoir directement disponible pour la production d’énergie sans être limité par le temps de transport et la quantité de glucose dans le sang.

 

Cela nécessite l’intervention de quelques enzymes pour la formation du glycogène et sa destruction. Dans le cas de la PSSM, le muscle stocke mais déstocke peu.

 

Ce qui pose plusieurs problèmes :

 

  • Les symptômes apparaissent tardivement (vers 6 ans) puisque les besoins sont suffisamment forts durant la croissance et le développement pour que l’accumulation ne puisse se faire.

 

  • La fatigabilité apparaît rapidement lors des efforts intenses. Ce type de problème engendre une préférence marquée de l’animal pour des efforts plus lents même si l’effort est plus long.

 

  • On a une  succession des coups de sang du fait du manque d’énergie lors de l’effort et donc, une mortalité excessive des cellules musculaires.

 

  • La notion de temps avant que les premières difficultés n’alertent le propriétaire est importante.

 

Le facteur temps est trop souvent négligé dans l’interprétation d’une analyse.

 

En effet, la lyse s’est poursuivie durant plusieurs mois avant que l’on s’inquiète et que l’on effectue une prise de sang. Les indicateurs de la créatine kinase à cet instant ne seront certes pas bons mais pas particulièrement alarmants non plus puisque la quantité de muscle encore destructible s’est amenuisée à bas bruit.

 

La notion de temps prend toute son importance ici. Une prise de sang lors d'une première crise aurait été infiniment plus alarmante. Après la Xième crise et sans reprise de muscle, les analyses se révèlent moins inquiétantes... du moins en théorie.

 

Les toxines et le potassium libérés en continu dans l'organisme fatiguent de l'animal et s'accumulent d'où l'intérêt de regarder l'ASAT et l'ALAT (en clair, les transaminases) pour s'assurer que le foie tient bon et de s'assurer que le cheval s'hydrate correctement pour éliminer un maximum de potassium par le rein, même si c'est limité.

 

En d'autres termes, l'inconvénient d'une prise de sang, c'est que ce n'est qu'une "photographie" de l'état biochimique d'un animal d'où des erreurs d'interprétation pouvant entraîner le maintien d'une thérapie inefficace.

 

La PSSM produit au niveau sanguin :

 

  • une augmentation de la créatine kinase de moins de deux fois le maximum ;

 

  • un niveau des ASAT et des ALAT légèrement au-dessus de la normale ;

 

 

  • une augmentation du potassium entre 5 et 5,5 mmol/L  hors des crises de rhabdomyolyse sinon cela peut monter à plus de 7 mmol/L;

 

  • une hyperglycémie.

 

Les effets d’une PSSM sont assez multiples :

 

  • un rythme cardiaque et respiratoire anormaux ;

 

  • un comportement « calme » surtout vers 3-4 ans ;

 

  • une démusculation progressive ;

 

  • une inhibition de la faim.

 

De même, un coup de sang peut cacher une PSSM sauf que la seule différence est l’hyperglycémie ou une glycémie haute.

 

Bonne journée.

 

François KAEFFER

Percheron mangeant du foin. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Percheron mangeant du foin. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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