Besoin quotidien, besoin instantané ou besoin exceptionnel ?

Publié le par Alpha et Oméga

 

En alimentation, beaucoup d’incompréhension provient de la confusion entre ces différentes notions.

 

Le besoin quotidien

 

Le besoin quotidien est peut-être le plus facile à définir. C’est la demande de l’organisme chaque jour que Dieu fait, une demande normale, quotidienne.

 

Si les apports quotidiens sont inférieurs aux besoins, on ne verra rien à court terme. A long terme, on pourra voir un amaigrissement s’il s’agit d’un déficit en énergie, une démusculation pour un déficit en protéines ou des tas de symptômes de carences pouvant être très graves pour d’autres éléments comme les minéraux et les vitamines (y compris les deux précédents).

 

Si les apports quotidiens sont supérieurs aux besoins, on a soit une accumulation (engraissement, intoxications chroniques) soit une élimination.

 

Les besoins quotidiens doivent être couverts par les apports alimentaires… quotidiens. Les déficits comme les excès quotidiens même faibles ont des impacts très importants qui apparaissent au fil des années.

 

Le besoin instantané

 

C’est à un instant t ce qu’a besoin un organisme pour tourner. Il le prendra soit dans son alimentation soit dans ses réserves corporelles pour autant qu’elles existent.

 

Si l’animal n’est pas carencé, on peut supposer que pour bon nombre d’éléments (mais pas tous) des réserves existent à un niveau correct. Mais si un animal est carencé depuis longtemps, même si vous palliez cette carence en rééquilibrant la ration, il faudra parfois des mois voire des années pour qu’il puisse reconstituer ses réserves. C’est un peu livret A de l’animal.
 

Pour prendre une image, vous avez un type qui est au SMIC et que vous mettez brusquement à un salaire digne d'un PDG du CAC40 (effectivement, cela a peu de chances d'arriver mais on l'imagine soyons fous !...). Il va pouvoir faire tout de suite une dépense importante parce qu'il vient de toucher son salaire mirobolant. Mais il n'a rien sur son livret A donc s'il exagère, il se retrouve trop court avant la fin du mois et condamné à bouffer des patates jusqu’à la paie suivante. 

 

Au bout de quelques temps, s’il a été un tant soit peu raisonnable, il a un livret A saturé et toute une ribambelle de placements boursiers et autres stocks-options. Là même s’il s’achète un palace sur la Cote d’azur le 15 du mois il pourra continuer à déjeuner au caviar puisqu’il a des réserves qui vont pouvoir être mobilisées.

 

Bref, un animal qui a été en carence longtemps, qu’on a ramené à une alimentation correcte restera incapable pendant un certain temps encore de pallier une demande instantanée importante même pendant un court laps de temps. 

 

Pour ses animaux, il faudra être « raisonnable » comme notre PDG et donc toujours garder un besoin instantané inférieur à votre apport quotidien car vous n’avez aucune marge de sécurité.

 

On assure des apports quotidiens légèrement supérieurs au besoin quotidien afin que petit à petit, l’organisme puisse faire des économies et regonfler son livret A.

 

 

Le besoin exceptionnel

 

Le besoin exceptionnel est un besoin temporairement anormalement augmenté suite à une pathologie par exemple. Dans ce cas, la réponse est généralement une cure décidée par le vétérinaire.

 

A besoin exceptionnel, prime exceptionnelle.

 

Pour moi, la mue, la croissance ou le changement de saison ne sont pas des besoins exceptionnels mais font partie du besoin normal quotidien qui a bien sûr de petites fluctuations que l’organisme en équilibre nutritionnel compensera en puisant dans ses réserves puis en les reconstituant de telle sorte qu’on revienne à l’équilibre.

 

Catherine Kaeffer

Cheval sur le cross. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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