La normalité anormale dans une prise de sang

Publié le par Alpha et Omega

 

Il ne sera jamais assez dit qu’une interprétation de prise de sang est difficile. En effet, commenter les éléments anormaux n’est déjà pas chose aisée mais si on rajoute qu’il existe des moments où un élément dans les normes est en soit anormal, cela devient un véritable casse-tête.

 

Fort heureusement, ce n’est pas non plus la chose la plus courante et un exemple de cas va être discuté.

 

Vous vous retrouvez face à un cheval de 25 ans dans un état de fatigue avancé avec une perte d’état, un essoufflement anormal et une grande faiblesse envers les infections.

 

L’analyse de sang révèle :

 

  • des globules blancs augmentés,
  • des globules rouges diminués,
  • des réticulocytes normaux.

 

Directement, au vu du titre de l’article, vous vous posez la question sur les réticulocytes…

 

Ces derniers sont les futurs globules rouges de l’organisme. Ils sont le dernier stade entre les précurseurs et les globules rouges.

 

« Normalement », lorsque le taux de globules rouges est bas, le rein sécrète l’érythropoïétine en réponse à l’hypoxémie (diminution de l’oxygène dans le sang). La moelle osseuse la reçoit et réagit en surproduisant des cellules de la lignée rouge pour la production de globules rouges.

 

Un taux normal, alors que les érythrocytes sont trop bas, peut signifier deux choses (mais aucune n’est plaisante) :

 

  • Le rein ne produit plus d’érythropoïétine. C’est problématique et cela suppose une sécrétion altérée du rein aussi en calcitonine indispensable pour la minéralisation des os. Un dosage de l’érythropoïétine peut apporter une réponse ;

 

  • La moelle osseuse ne répond plus à ce stimulus. Il peut arriver que ce soit dû à une surutilisation des cellules souches de la moelle. En effet, ces cellules souches produisent 3 lignées différentes : rouge, blanche (pour les globules blancs), plaquettaire (pour les plaquettes). Si l’une d’elles venait à devenir prioritaire de manière anormale (cancers) alors les autres seraient mises en attente avec les conséquences que cela implique.

 

Le nombre de globules rouges bas (et l’anémie inévitable qui s’ensuit) avec, parfois, un encombrement des voies aériennes supérieures à cause d’infections engendre les troubles respiratoires constatés.

 

C’est la démonstration que le normal peut devenir anormal…

 

Bonne journée.

 

François Kaeffer

Cheval au pré. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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