L’alimentation du poney de sport de l’élevage à la compétition : Le poulain

Publié le par Alpha et Omega

 

Dès 4-5 mois, la production laitière de la mère devient insuffisante pour couvrir les besoins du poulain qui commence à consommer en quantité notable d’autres aliments, souvent dérobés dans la ration maternelle (en tenir compte pour éviter toute perte d’état de la mère). Le poulain ne sera apte à digérer la cellulose comme un adulte que vers 18 mois. Cela signifie que pendant toute la première année, il ne peut se contenter de fourrage (foin, herbe…). Tant qu’il n’est pas sevré, le lait de la mère représente un apport d’énergie et de protéines de qualité. Mais si le sevrage intervient avant 1 an, il convient de pallier l’absence de lait par un aliment spécialement adapté pour les foals.

 

La croissance est très exigeante en protéines et en minéraux et finalement proportionnellement moins en énergie. De ce fait, l’alimentation du poulain doit avoir un rapport protéines/énergie d’autant plus élevé que le poulain est jeune.

 

Les poulains, surtout dans les races poneys, bénéficient d’un mécanisme adaptatif qui leur permettait de passer la mauvaise saison sans dommages. En effet, si la nourriture devient insuffisante, ils peuvent ralentir voire stopper leur croissance. Lorsque la nourriture redevient abondante, ils grandissent de façon plus rapide et rattrapent leur retard. Ce phénomène bien connu est appelé croissance compensatrice. Mais comme tout mécanisme adaptatif, celui-ci a des limites. Si la restriction est trop importante ou qu’elle dure trop longtemps, la croissance sera définitivement altérée et les structures de l’organisme seront touchées. Le risque est d’autant plus grand que le poulain est jeune au moment où cela se produit.

 

Du fait de ce mécanisme, on peut avoir une alimentation insuffisante et un poulain qui ne « marque » pas et qui paraît en bonne santé. Le poulain qui reste « mignon » avec des traits juvéniles à un âge où il devrait avoir une physionomie plus proche de l’adulte doit alerter. De même le poulain toujours sage doit faire penser à un poulain qui s’économise (mécanisme adaptatif comportemental). Le poulain à gros ventre mais dont on voit les côtes fait souvent penser à un problème parasitaire. Mais ce peut être aussi un poulain qui a une ration insuffisamment concentrée (il en mange le plus possible pour essayer de couvrir ses besoins) et trop riche en fibres qu’il digère encore mal d’où un volume de l’intestin augmenté.

 

Une attention particulière doit être portée à la fin de la croissance qui correspond à l’ouverture du poitrail et des hanches sur un poney qui est souvent déjà au travail. Si l’alimentation notamment minérale pêche pendant cette phase, on aboutira à un adulte étroit devant (moindre capacité pulmonaire donc moins de résistance à l’effort) ou derrière (moindre poussée des postérieurs, difficultés de mise-bas pour les juments).

 

Les principales erreurs alimentaires dans le cas d’un poulain :

 

  • Utiliser un aliment pour un cheval adulte (type club, loisir, sport…) pour un poulain de moins de 2,5 à 3 ans (rapport protéines/énergie inadapté, qualité des protéines insuffisante).

 

  • Avoir une proportion de fourrage trop importante chez un jeune de moins de 18 mois. L’INRA préconise de ne pas dépasser 75 % de fourrage pour un poulain de selle de moins de 1 an.

 

  • Négliger la supplémentation minérale.

 

  • Ne pas suivre la croissance du poulain en prenant tous les 3 mois son périmètre thoracique afin de déceler rapidement tout arrêt de croissance.

 

Ne pas revoir la ration du poulain tous les 6 mois environ. Au fur et à mesure que le poulain grandit, ses besoins évoluent pour se rapprocher petit à petit de ceux de l’adulte. Il convient de suivre cette évolution en recalculant régulièrement la ration. 

Catherine Kaeffer

Poney. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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