Le sélénium, l’iode et le manganèse : des besoins à corréler

Publié le par Alpha et Omega

 

Quand les minéraux sont présentés, ils le sont séparément, minéral par minéral. Hélas… ou heureusement, nous avons affaire à un organisme vivant et donc si un élément pose problème il peut influer sur d’autres.

 

Le classique lorsque l’on envisage les interactions entre les oligoéléments, c’est l’excès de calcium qui provoque des carences en magnésium, cuivre et zinc.

 

Mais il nous faut aussi envisager la carence en sélénium qui est classique dans les sols acides ou de vieilles montagnes en corrélation avec les besoins en iode et en manganèse.

 

Pour rappel, le sélénium sert :

 

  • Au niveau musculaire : pour le fonctionnement des protéines séléno-dépendantes indispensables à la contraction musculaire et pour la protection anti-oxydante des cellules.

 

  • Au niveau des globules rouges : dans la glutathion peroxydase qui possède des propriétés antioxydantes.

 

  • Au niveau hépatique : dans l’activité enzymatique et en particulier, la iodothyronine 5'-deiodinase. Cette enzyme permet la conversion de la T4 (100 x moins active) en T3.

 

En cas de carence, l’activité antioxydante du sélénium n’est pas possible ou, du moins, limitée. La cellule ne peut survivre sans une activité antioxydante alors, d’autres systèmes prennent le relais dont celui utilisant le manganèse.

 

Le manganèse (ainsi que la vitamine E) prend donc en charge la « défaillance » du sélénium et les besoins montent alors drastiquement.

 

La T4 et la T3 sont des hormones thyroïdiennes qui ne se différencient que par le nombre d'iodes (4 atomes d'iode pour la T4 et 3 pour la T3). Le fait de la différence d’activité entre la T4 et la T3 oblige d’avoir une production de T4 au moins 100 x supérieure pour avoir la même activité de la T3… ceci étant  impossible, on a forcément une baisse de l’activité métabolique mais la thyroïde va cependant fortement augmenter sa production de T4.

 

Sauf que la surproduction de T4 nécessite une plus grande quantité d’iode. Conclusion, on augmente les besoins en iode en cas de carence en sélénium.

 

En un mot comme en cent, la réflexion sur les minéraux ne s’arrête pas au seul minéral en carence mais à un ensemble de mécanismes de compensation et de recherche d’un équilibre, même bancal, pour assurer la survie de l’organisme.

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n’est-ce pas ?

 

François Kaeffer

 

Cheval de trait. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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