Bousiers et parasites

Publié le par Alpha et Omega

Ces petites bêtes, qui se nourrissent des crottins, des bouses ou des crottes, attirent rarement le regard. Pourtant, ils pourraient nous aider au quotidien dans la lutte contre les parasites de nos herbivores.

En effet, les coprophages ou bousiers vont se nourrir des fèces, les étaler, les disperser... et tuer les parasites qui s'y trouvent en les exposant aux rigueurs du climat.

Un parasite survit dans un milieu humide à l'abri du soleil. Dès qu'il se retrouve dans un milieu exposé, sec ou ensoleillé, son espérance de vie se réduit considérablement. Dans ces conditions, il ne pourra pas contaminer la pâture et ne pourra donc pas ré-infester l'animal par la suite.

Une bouse avec une croûte sèche, un crottin qui reste formé... voilà de parfaits refuges pour les parasites. Un refuge qui sera dispersé, aéré et donc assainit par les coprophages en quelques heures, s'ils sont assez nombreux.

Malheureusement, la plupart des prés ne sont pas accueillants pour les coprophages, voire ils sont dangereux pour eux.

La première cause possible (et la plus connue) est l'usage systématique et régulier de molécules anti-parasitaires néfastes pour les bousiers. Certaines molécules de vermifuges ou d'anti-parasitaires externes (ivermectine et autres lactones macrocycliques, pyrethrinoïdes, phénoythiazine, coumaphos, pipérazine, dichlorvos) sont très toxiques et peuvent même dans certains cas les attirer, entraînant une mortalité importante dans la population.

Une autre cause possible est une mauvaise gestion des pâtures.

Le surpâturage et le piétinement crée des zones "pauvres" sur le plan floristique et une disparition du couvert végétal à l'origine de la disparition des coprophages.

Pour faire le travail des bousiers et réduire la population parasitaire, il faudrait ramasser au minmum les excréments de nos herbivores une fois par jour.

Économisons nos forces et nos moyens. Une population active de coprophages permet de réduire de façon importante le nombre parasites infestant la pâture et est même plus efficace que les vermifuges sur le long terme pour gérer la population parasitaire en été.

Utilisons des anti-parasitaires plus respectueux des coprophages et de façon aussi courte que raisonnée (un guide sur les vermifuges a été créé par TE pour vous aider). Évitons de donner un anti-parasitaire à un animal au champ, rentrons-le après le traitement pendant quelques jours dans un bâtiment et ne stockons pas les fèces contaminées à proximité des prés.

Gérons nos pâtures afin de préserver la diversité et d'éviter les excès néfastes.

Anne Anta

Crottins dans un champ. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Crottins dans un champ. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Publié dans Vermifuge, Naturopathie

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