Gérer son abri pour l’hiver

Publié le par Alpha et Omega

 

L’hiver arrive et pour les chevaux au pré, l’abri naturel ou artificiel est indispensable.

 

Les caractéristiques d’un abri sont de protéger les chevaux contre les intempéries qui viennent d’en haut : le vent, la pluie, la neige…  et l’inconfort qui vient du sol. Si l’abri est naturel, il doit donc être suffisamment touffu, avoir un sol sec et non traumatisant pour le cheval (pierres) et en outre, il doit être formé de végétaux gardant leurs feuilles en hiver et bien sûr non toxiques.

 

Dans le cas d’une cabane, elle doit être aérée mais sans coulis d’air qui peuvent la rendre plus inconfortable que l’extérieur. Traditionnellement, on y adossait un auvent où on stockait la paille ou le foin. C’est une méthode qui permet une excellente protection thermique et contre les courants d’air. A défaut, on peut tout simplement utiliser un filet coupe vent ou boucher les trous qui sont fréquents à la jonction entre le toit et les murs.

 

Il faut aussi faire attention à la bonne attache des toits. Certains toits notamment en tôle deviennent extrêmement bruyants lorsqu’il y a du vent ou de la pluie. Cela inquiète les chevaux qui préfèrent alors rester dehors.

 

La surface de l’abri doit être suffisante pour que tous les chevaux puissent y dormir en même temps. On peut compter 4 m² pour un shet et entre 6 et 8 m² pour un cheval adulte en fonction de sa taille (normes légales en Suisse). Mais vous devez retirer les surfaces « inconfortables » donc une zone à l’entrée de l’abri et toutes les zones mouillées soit parce que l’urine ne s’écoule pas bien, soit parce que l’eau entre. Dans la pratique, il est souhaitable d’avoir une zone d’entrée qui forcément sera mouillée par les allers et venues des chevaux et qui peut être dépourvue de litière et une zone protégée, bien sèche.

 

A noter que l’augmentation de la surface par cheval diminue les agressions ou les problèmes de dominance.

Une étude récente (2015) montre que quelle que soit la qualité des dalles caoutchouc, elles sont systématiquement délaissées par les chevaux qui leur préfèrent toujours une litière traditionnelle, qu’elle soit en paille ou en copeaux. D’autre part, il a été démontré que le sommeil et notamment sa phase couchée était diminué lorsque les conditions de confort étaient mauvaises (pas de litière ou litière mouillée) ce qui est néfaste à terme à la santé des chevaux.

 

Plus un cheval est âgé, plus il sera sensible aux conditions de confort. De même, les poulains seront plus sensibles que les adultes. Une couverture peut être un plus notamment pour les vieux chevaux mais doit s’accompagner de la recherche de tous les petits trucs qui peuvent rendre votre abri plus confortable.

 

Si vous souhaitez avoir une idée objective sur votre abri, allez-y par période de grand vent ou de pluie et mettez-vous dans plusieurs endroits de l’abri et à différentes hauteurs. Asseyez-vous aussi par terre en différents points. Vous pourrez ainsi détecter les courants d’air entre les planches, les coulis au ras du sol, les zones humides ou mal aérées. Dites-vous que bien équipé, avec de grosses chaussettes et une parka d’hiver, vous avez des exigences qui ne sont pas si éloignées de celles de votre cheval. Si vous pouvez passer ¼ d’heure à un endroit et vous sentir relativement confortable, il le sera. Refaites cela à plusieurs reprises pour voir comment le système évolue quand le vent tourne.

 

On a tendance aujourd’hui à dire « cheval boueux, cheval heureux ». Il est vrai qu’un cheval qui peut aller se rouler dehors à loisir entraînant un superbe maquillage de boue que vous mettrez une bonne heure à retirer est un cheval qui a pris du plaisir. Mais lorsque le seul abri disponible contient 10 cm de la même boue qui couvre tout le « pré » et pas la moindre zone sèche, il n’est plus acceptable.

 

J’ai même vu une fois, un groupe de poneys hiverner dans une zone sans aucun abri où on s’enfonçait jusqu’au-dessus de la cheville. Le foin étant distribué par round au milieu, l’accumulation au fil du temps avait créé un petit promontoire de foin, de déjections et de boue mêlés où les dominants stationnaient et se couchaient. Tout déplacement étant difficile, la surface par cheval était finalement inférieure à celle d’un box et les conditions de confort nettement moins bonnes y compris pour les mieux lotis. Et pourtant cette situation est globalement mieux tolérée par nombre de propriétaires  pour son côté plus « naturel ».

 

Si le type de sol que vous avez ne peut supporter le piétinement des chevaux pendant l’hiver sur une surface réduite, une stabulation ou un box-paddock artificiel est alors à mon sens préférable pour eux.

 

Catherine Kaeffer

 

 

 

Chevaux au pré. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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