Formes de présentation de l’orge

Publié le par Alpha et Omega

En alimentation équine, l’orge est présentée sous de multiples formes : entière, trempée, aplatie, floconnée ou germée.

L’utilisation sous forme entière est la plus simple. Le grain se conserve bien en silo ou en sac. Cependant, comme il s’agit d’un grain dur, on n’a pas l’habitude en France de le donner tel quel bien que cela se soit déjà fait dans d’autres pays avec des chevaux habitués à prendre du temps pour mâcher.

Afin d’amollir le grain, la première solution est de le tremper. Le temps de trempage doit être de plusieurs heures pour que l’eau ait le temps de bien agir. En général, on le fait d’un repas sur l’autre lorsqu’il y a au moins deux repas par jour. Par contre, dans le cadre d’un seul repas quotidien, le risque est de démarrer une fermentation de type alcoolique. En hiver, cela ne pose pas de problème mais en été, c’est possible.

Pour améliorer l’accès des sucs digestifs à l’amande, on peut aplatir le grain. Cela n’améliore pas la digestibilité globale mais cela permet, en détruisant la structure du grain, de libérer les chaînes d’amidon et d’amylopectines. Pour un aplatissage « maison », il faut le réaliser tous les 2 jours en été et tous les 3 jours en hiver pour éviter le rancissement. Le rancissement diminue la valeur nutritionnelle du produit, son acceptabilité, augmente les besoins en vitamine E et le risque de troubles digestifs.

Il faut faire attention à ce que l’aplatissage ne génère pas de la farine qui serait irritante pour les voies respiratoires du cheval. Si on achète de l’orge aplatie, il convient d’éviter tout stockage prolongé.

Le floconnage est une opération qui permet d’une part d’éviter la formation de poussière et d’autre part d’avoir une stabilité plus grande du produit. C’est un processus uniquement industriel.

L’utilisation de l’orge germée est traditionnelle. Selon le temps de germination elle permet de passer petit à petit d’une céréale (sèche, contenant de l’amidon) à un fourrage hydroponique (humide, ne contenant plus d’amidon, peut être considéré comme un fourrage vert) au bout d’environ 10 jours.

Tous les intermédiaires existent selon le temps de germination et la température.

Le produit est plus digestible, plus frais, plus appétent, plus facile à manger pour les chevaux faibles, malades ou sans dents. Il contribue comme tout fourrage vert à régulariser le transit des chevaux atteints de constipation. C’est aussi une friandise. Il est intéressant dans les régions où le fourrage manque. Dans ce cas, le temps de germination doit être long pour arriver au stade 10 cm.

La germination transforme donc progressivement la céréale en un fourrage vert. A ce stade où la plantule n’a encore ni racines, ni feuilles, cela s’accompagne d’une perte importante au niveau des éléments nutritifs. C’est donc un procédé anti-économique qui ne se justifie que pour des raisons diététiques dans les périodes où il n’est pas possible d’apporter suffisamment de fourrage au cheval. Avec un cheval au pré, la germination présente très peu d’intérêt.

Il n’est donc pas possible d’appliquer les valeurs nutritionnels de l’orge à de l’orge germée. Ce n’est pas du tout le même produit.

En outre, pour un apport quotidien, cette méthode nécessite une conduite avec beaucoup de soin et de savoir-faire et une hygiène très stricte. Le risque de développement de moisissures est réel avec pour conséquences une augmentation du risque de dermatoses, l’ergotisme ou des intoxications nerveuses.

Pour le particulier, la solution est soit d’opter pour le trempage soit d’acheter directement l’orge floconné au fur et à mesure. Pour le professionnel, l’achat d’un aplatisseur peut se justifier.

Catherine Kaeffer

Cheval galopant dans la neige. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Cheval galopant dans la neige. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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