Gérer les parasites enkystés chez le cheval

Publié le par Alpha et Omega

Les petits strongles ou cyathostomes ont la particularité de pouvoir s'enkyster dans l'organisme du cheval. Ils sont à l'origine de diarrhées, de coliques mais aussi de mortalité tous les ans. Mais qui sont-ils ? Comment lutter contre eux ?

Avec près de 50 espèces différentes, les petits strongles sont aujourd’hui considérés par certains auteurs comme les parasites les plus dangereux du monde équin.

Résistants, mortels, peu visibles à l'analyse de crottin... ces parasites résument la plupart des limites de nos programmes actuels de vermifugation. Pire encore, avec la recrudescence du « vermifuge systématique » ou uniquement si « copro positive », ils se sont retrouvés favorisés et peuvent être majoritaires dans certains troupeaux.

Les cyathostomes ont pour caractéristique principale d'être capable de s'enkyster. Autrement dit, en cas de coup dur (mauvais temps, milieu peu favorable, sécheresse, traitements en cours...), le parasite s'enferme dans une sorte de coque protectrice et il ralentit son métabolisme.

Cette capacité, il peut la mettre en œuvre à deux stades de son développement : dans le sol et dans l'équidé.

Si bien qu'il peut résister à beaucoup de conditions mortelles pour les autres parasites.

C'est ainsi qu'il passe l'hiver dans le sol... ou dans votre cheval.

Caché dans la muqueuse intestinale, il peut rester ainsi quelques mois ou 2 ans. Il ne migre généralement pas, il ne fera donc pas beaucoup de dégâts en s'installant. L'histoire ne reprendra qu'à son réveil et pourrait être banale, s'il était seul.

En effet, le danger du petit strongle, ce n'est pas le parasite mais les dégâts qu'il provoque en se réveillant. Des dégâts minimes certes mais qu'il faut multiplier par le nombre d'individus.

Le réveil des petits strongles c'est autant de petites plaies dans le tube digestif, c'est autant de zones inflammatoires, de dégradations de la muqueuse... que de parasites relâchés.

Or si une dizaine de parasites engendrent une gène nutritionnelle, une quantité plus importante pourra générer une diarrhée voire une mortalité sur des équidés sensibles.

Il est donc conseillé d'employer un vermifuge pour limiter la présence des petits strongles enkystés et éviter ainsi le drame.

Néanmoins, cet usage ne devra pas se faire sans raisonnement. Il a en effet été démontré que la mortalité importante des petits strongles enkystés pouvait entraîner des conséquences similaires à celles observées dans le cadre d'un désenkystement massif.

En effet, un vermifuge va chasser les parasites ou les tuer. En d'autres termes, le produit provoque un réveil de tous les petits strongles (un réveil programmé mais tout aussi destructeur qu'un autre) ou la formation de multiples "cadavres" que l'organisme devra gérer, notamment en créant des zones inflammatoires.

On évitera donc de traiter un cheval que l'on sait très infesté ou on le fera après en avoir mesuré les risques (et éventuellement sous surveillance d'un vétérinaire).

A ce jour, la moxidectine est la molécule la plus efficace contre les strongles enkystés. Les autres traitements (plus ou moins efficaces) sont à base d'ivermectine ou de fenbendazole (protocole sur 5 jours). De nombreuses résistances ont été constatées sur le terrain.

L'emploi raisonné des vermifuges reste à nos jours la méthode la plus efficace et la plus sûre pour contrôler le parasitisme. Les petits strongles ne font pas exception à cette règle.

L'usage des vermifuges devra se faire suite à une analyse qui comprend : le contexte, le cheval ciblé, les précédents vermifuges utilisés, les potentielles résistances, les molécules et leur degré d'efficacité... n'hésitez pas à vous renseigner régulièrement afin d'actualiser vos connaissances.

Anne Anta

Jument de trait au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage

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