Les minéraux, une matière première indispensable à tout organisme

Publié le par Alpha et Omega

 

Un organisme, c’est une usine de fabrication. Il fabrique des tissus vivants, de la chaleur, du travail, de l’intelligence, des émotions…

Comme toute usine, il y a un service indispensable sans lequel rien ne tourne : les appros.

Le principe de l’approvisionnement, c’est d’apporter aux chaînes de fabrication, les éléments dont elles ont besoin pour tourner.

Bien sûr certains éléments peuvent être fabriqués en interne mais pas à partir de rien. Par exemple un cheval a besoin de glucose pour faire fonctionner son cerveau. Si vous ne lui en donnez pas mais qu’il a du foin, il aura à sa disposition un acide gras volatil, l’acide propionique qui lui permettra de synthétiser son propre glucose.

Parfois, le produit nécessaire n’est pas synthétisé par l’organisme mais par d’autres organismes vivant en symbiose avec le cheval. Prenons un exemple. Les vitamines B sont fabriquées dans le colon par les bactéries. Donc la fourniture de vitamines B au cheval n’est généralement pas nécessaire. Oui, mais pour que ces bactéries vivent, se développent, il leur faut de l’énergie, des protéines qui sont fournies par l’alimentation.

On peut donc dire en faisant un raccourci un peu saisissant que le cheval fournit aux bactéries de l’azote et de l’énergie pour qu’elles produisent des vitamines B dont il a besoin. La bactérie est donc en quelque sorte, le prestataire de service du cheval mais un prestataire qui travaillerait dans les locaux mêmes de l’entreprise.

Et puis, il y a les éléments que l’organisme ne peut ni fabriquer ni « sous-traiter », ceux qu’il doit absolument acheter à l’extérieur autrement dit recevoir par l’alimentation.

C’est le cas des minéraux. Fabriquer du cuivre ou du sélénium, pour l’organisme c’est totalement impossible. Il doit en trouver suffisamment dans sa nourriture.

Si je parle de minéraux c’est qu’une bonne partie est liée au sol et partant à la région. Si l’alimentation n’apporte pas la dose nécessaire pour chaque minéral, l’organisme pourra au plus utiliser dans certains cas, un autre minéral comme pis-aller. Il pourra ralentir son métabolisme pour diminuer ses besoins. Mais c’est tout ce qu’il pourra faire.

A l’échelle de l’individu, donc très peu d’adaptation possible et aussi peu de plan B.

Cela signifie pour reprendre notre exemple de l’usine que si au niveau des appros, vous n’avez pas assez d’un minéral, les chaînes tourneront au ralenti, voire s’arrêteront et vous aurez des symptômes cliniques. Si à un moment, vous en avez de nouveau plus (parce que vous avez fait une cure par exemple), les chaînes se remettront petit à petit à tourner à leur régime normal. Mais en fin de cure, il n’y aura pas eu « guérison », la « maladie » réapparaîtra plus ou moins rapidement.

Pour les minéraux qui ne se stockent pas et qui agissent sur des processus courts, la cure fera assez vite de l’effet mais son effet disparaîtra tout aussi vite. L’organisme est alors une usine qui travaille à flux tendu (pour ce minéral) comme nos supermarchés : chaque mini grève des transporteurs se traduit aussitôt par des rayons vides. Mais ils se remplissent en quelques jours dès que les transports repartent.

Pour les minéraux qui se stockent et qui interviennent dans des processus longs, la cure pourra même ne pas paraître avoir beaucoup d’effet (puisque l’organisme reconstituera ses stocks en magasin) mais si elle en a, ils dureront sur un temps plus long. Pour comparaison, c’est un producteur de conserves de poisson. Au moment du passage des sardines, il fabrique ses boites qu’il stocke et qu’il vendra ensuite toute l’année. Même si elles arrivent avec 15 jours de retard, cela ne va pas mettre en cause votre hors-d’œuvre de demain puisque les stocks sont importants. Par contre, si pendant plusieurs années, les sardines sont peu nombreuses, elles vont ensuite manquer durablement car les stocks auront été consommés.

Comme je l’ai dit, aucun organisme ne peut synthétiser un minéral. Il peut l’extraire d’une molécule mais c’est tout. Donc, si ce minéral fait défaut dans l’alimentation, inexorablement les stocks de l’organisme s’épuiseront (s’il y en a) et les symptômes apparaîtront.

Une supplémentation en apportant le ou les minéraux défaillants permet de gommer le problème constitué par un sol peu pourvu. La machine repartira. Mais je vous laisse imaginer la panique si, alors que les machines tournent à plein régime pour rattraper leur retard, une nouvelle rupture de stock arrive… cela peut faire des dégâts.

Le fait de passer à l’herbe au lieu de foin, ne change pas la nature de votre sol ou la distance à la mer (sauf si vous faites venir du foin de loin) et donc les problèmes minéraux seront grosso modo les mêmes, en hiver et en été.

Mais, avant tout, il importe de se rappeler qu’en aucun cas, l’organisme ne pourra grâce à la cure, retrouver un équilibre durable et « guérir » définitivement de sa carence.

Cheval de trait au pré. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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