Les myopathies : du vampire à la calculette (Partie 3)

Publié le par François Kaeffer Alpha et Omega

Le syndrome métabolique équin est un terme décrivant certains problèmes métaboliques des chevaux et poneys caractérisés par l’accumulation de graisses.

C’est un terme quelque peu fourre-tout puisque pour pouvoir différencier un syndrome métabolique équin d’une hypothyroïdie, une insulino-résistance, un Cushing ou d’un trouble alimentaire, il faut des tests spécifiques… qui ne sont, en général, pas faits

Le syndrome métabolique équin se caractérise au niveau sanguin par une hyperinsulinémie que l’on ne retrouve pas dans le cas d’une hypothyroïdie et dans le Cushing mais que l’on peut retrouver dans :

  • les troubles de l’alimentation : pour stocker le surplus d’énergie et/ou dans l’attente des minéraux nécessaires pour la métabolisation ;
     

  • l’insulino-résistance : l’hyperinsulinémie est présente pour compenser la résistance des cellules à l’insuline.

L’hypothyroïdie peut survenir dans le cadre d’une pathologie ou d’une carence alimentaire en iode et/ou en sélénium. Comme en règle générale, les hormones thyroïdiennes ne sont pas dosées, le calcul de ration, en prenant en compte le lieu géographique de la production du foin ou de l’herbe, peut donner une idée gratuitement du niveau de carence. La seconde possibilité est de mesurer iode et le sélénium dans le sang.

La maladie de Cushing possède quelques symptômes supplémentaires mais rien ne vaut un dosage de la cortisolémie

La glycémie est aussi une aide pour déterminer dans quel cas nous nous trouvons :

  • une glycémie normale ou diminuée : l’hypoglycémie est possible dans les cas de syndrome métabolique équin, dans les cas d’efforts intenses ou les cas d’hypothyroïdie ;

  • par contre, la glycémie est augmentée dans la maladie de Cushing et l’insulino-résistance mal équilibrée.

Parlons maintenant des raisons entraînant des troubles de la fonction musculaire :

  • Dans le cas du Cushing et de l’insulino-résistance, le glucose rentre mal dans le muscle donc dès que les réserves de glycogène sont finies, les cellules musculaires en manque d’énergie finissent par mourir. De plus, le manque d’énergie dans les cellules engendre une destruction des fibres musculaires pour récupérer l’énergie via les acides aminés.

  • Dans le cadre d’une hypothyroïdie, la graisse remplace la masse musculaire d’où la douleur et la raideur des masses musculaires lors de la contraction. Le risque est d’autant plus grand d’un coup de sang du fait de l’écrasement des tissus gras non extensibles à l’intérieur et des fibres musculaires lors de la contraction.

Bonne journée.

François Kaeffer

Poils hirsutes d'un poney atteint de cushing. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Poils hirsutes d'un poney atteint de cushing. Techniques d'élevage. Tous droits réservés