La conservation des fourrages par voie sèche (foin, fourrage déshydraté)

Publié le par Catherine Kaeffer. Alpha et Omega

La base de l’alimentation des chevaux est le fourrage et l’herbe est souvent présentée comme l’aliment idéal. Malheureusement, la production de l’herbe est extrêmement variable en quantité comme en qualité. Il est donc nécessaire de la récolter dans les périodes d’abondance et de la conserver pour pouvoir la redistribuer quand elle vient à manquer.

Partons de l’herbe dans le pré. Elle contient 80 % d’eau. Si on la met en tas, elle chauffe, elle moisit… bref, elle est rapidement inconsommable.

Il faut la « stabiliser » donc limiter le développement des microorganismes.

Diminuer sa teneur en eau ou la conservation par voie sèche

Un fourrage est considéré comme sec s’il est à plus de 80 % de matière sèche.  A ce niveau, le développement des microorganismes est inhibé et le foin peut se conserver sans problèmes. En l’absence d’un moyen simple de contrôle, tout repose sur le savoir-faire de l’agriculteur.

Si le taux de matière sèche est inférieur à 75 %, on assiste à des développements de moisissures plus ou moins toxiques pouvant entraîner une affection chronique des voies respiratoires, des problèmes oculaires ou digestifs.

Un foin insuffisamment séché est aussi sujet à des fermentations microbiennes  qui vont entraîner une élévation de température pouvant atteindre 70 à 80 °C au centre de la balle. A l’ouverture, ce foin chauffé aura une couleur brunâtre et un goût caramélisé qui fera qu’il sera très apprécié des animaux. Mais en fait, il s’agit d’une réaction de Maillard qui va fortement dégrader la valeur alimentaire du foin.

Dans les conditionnements, on trouve les traditionnelles petites bottes de moins en moins fréquentes, les balles rondes entourées de ficelles ou de filets et les grandes balles parallélépipédiques.

Les petites bottes sont plus chères et nécessitent un stockage à l’abri mais sont plus faciles à manipuler à la main et le fourrage est moins tassé. C’est une solution idéale pour alimenter peu d’animaux sans avoir nécessité d’investir dans le matériel.

Les balles ont une densité plus importante qui leur permet dans une certaine mesure de supporter le stockage au champ. Du fait de cette densité, juste après la récolte, elles peuvent chauffer de façon importante. Leur manutention est totalement mécanisée et il est facile de laisser aux animaux une balle en libre service. Mais, dans ce cas, on ne vérifie pas la qualité du foin avant la consommation. Une excellente conservation y compris dans le cœur de la balle est donc encore plus importante puisque aucun tri ne sera fait.

Pour palier les inconvénients météorologiques et obtenir un fourrage de très haute qualité, on peut recourir à un séchage par ventilation après un court séchage au sol. Sa variante industrielle est la déshydratation. Ce procédé est souvent utilisé pour la luzerne qui a la particularité d’avoir des feuilles très fragiles, résistant mal aux manutentions. Classiquement, on hache le fourrage pour faciliter la déshydratation et on le conditionne ensuite en bouchons ou en pellets. Mais on voit apparaître de plus en plus de fourrages déshydratés sous forme de brins longs.

Sur un plan nutritionnel, les pertes sont minimales. De ce fait, c’est le procédé qui donne la valeur la plus proche du fourrage vert correspondant.

Sous forme longue, cela donne un foin d’excellente qualité qu’on peut réserver aux chevaux qui ont des problèmes d’emphysème ou des besoins nutritionnels très élevés.

Par contre, s’il est présenté sous forme de bouchons, il n’occupera pas le cheval aussi longtemps qu’un foin normal. Il est donc intéressant mais doit obligatoirement être couplé avec l’ingestion d’un fourrage « chewing-gum » qui peut être constitué de paille, d’herbe ou de foin de faible qualité nutritionnelle.

Nous nous intéresserons à la conservation par voie humide dans un prochain article. 

Catherine Kaeffer

Foin. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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