Parasites équins : les gastérophiles

Publié le par Anne Anta. Alpha et Omega

Vous trouverez dans cet article des informations essentielles sur ces parasites si fréquents et pourtant si méconnus, les gastérophiles.

Gasterophilus spp., c'est un genre de parasites pas comme les autres. Ils vivent à l'état adulte sous la forme de mouches bruyantes et consacrent ce temps uniquement à la reproduction et à la ponte. Des œufs naissent des larves qui sont à l'origine de myiases cutanées et digestives irritantes. Elles se nourrissent des exsudats générés par l'organisme suite à leur présence.

En France, il existe cinq espèces de gastérophiles.

Gasterophilus intestinalis

Aussi nommée Gasterophilus equi, cette espèce est très commune en France. La femelle adulte dépose une grande quantité d’œufs sur les membres et le poitrail des équidés. Les œufs jaunâtres sont fixés aux poils sur la moitié de leur longueur. Les larves éclosent après ingestion par l'équidé. Elles migrent alors dans la sous-muqueuse buccale et linguale pour gagner l'arrière de la bouche. Elles sont dégluties et gagnent ainsi l'estomac dans lequel elles séjourneront le reste de leur développement (11 mois en moyenne). Elles sont à l'origine d'ulcères gastriques et de coliques gastriques.

Gasterophilus nasalis

Cette espèce est la deuxième plus présente en France. Les œufs jaunâtres sont présents sur la région intermandibulaire (sous la tête) et sont fixés aux poils sur la quasi totalité de leur longueur. Ils éclosent spontanément et migrent dans les espaces interdentaires et sous la muqueuse des gencives. Ils peuvent donc être une source de gingivite ou de défense à la main. Le cycle est ensuite semblable à celui de Gasterophilus intestinalis.

Gasterophilus haemorrhoidalis

L’œuf noir de cette espèce est pondu sur les poils des naseaux et près de la lèvre supérieure. Il éclot quand l'équidé se gratte ou lèche un support et migre dans la muqueuse labiale et buccale. Cette migration est à l'origine de démangeaisons frénétiques du bout du nez ou de difficultés dans la prise de nourriture. La larve passe ensuite dans l'estomac (où elle est à l'origine d'ulcères et de coliques) et y reste jusqu'au dernier mois de son développement. Elle se laisse alors aller dans le tube digestif pour atteindre la muqueuse rectale, lieu où elle finira son développement.

Gasterophilus inermis

Les œufs jaunâtres sont situés sur les membres antérieurs, sur les poils des joues et au niveau de l'espace intermandibulaire. L'éclosion spontanée est suivie d'une migration vers la commissure des lèvres, lieu à partir duquel les larves passent dans le tube digestif pour ne s'arrêter qu'au niveau du rectum afin de se fixer dans la muqueuse rectale. Cette espèce est donc essentiellement responsable de dermite prurigineuse (affection de la peau qui démange) puis d'irritations rectales à l'origine de comportements de grattage frénétique de la région anale.

Gasterophilus pecorum

Contrairement aux autres espèces, ce gastérophile ne s'accroche pas au pelage mais reste sur les végétaux sur lesquels la femelle vient pondre. Les œufs noirs n'éclosent qu'après ingestion de l'herbe contaminée. Depuis la cavité buccale, les gastérophiles de cette espèce se fixent à toutes les étapes menant à l'estomac : bouche, pharynx, (fond de la gorge) œsophage, estomac. Ils sont donc responsables de douleurs qui empêchent l'équidé de s'alimenter convenablement.

Attention

Gasterophilus haemorrhoidalis et pecorum peuvent pénétrer une peau saine et donner une dermite rampante serpigineuse (qui bouge), prurigineuse (qui démange), liée à la migration de la larve (20 millimètres par jour) dans la peau et les muqueuses chez l'Homme. Une peau lésée est nécessaire pour une infestation par Gasterophilus intestinalis et nasalis.

Anne Anta

 

Gasterophilus intestinalis adulte

Gasterophilus intestinalis adulte