Mon voisin ne vermifuge pas ses équidés, quelles conséquences ?

Publié le par Anne Anta. Alpha et Omega

Le vermifuge n'est pas une affaire que l'on peut voir chacun dans son coin. Les parasites voyagent et ne connaissent ni clôture ni frontière. Certains peuvent même franchir les routes ou les rivières pour atteindre l'équidé. Alors, oui, ce que fait le voisin en matière de vermifuge vous concerne et vous intéresse.

Connaître les habitudes de votre voisin et sa manière de concevoir le suivi parasitaire de son troupeau est indispensable, si vous voulez que votre précieux programme réussisse.

Imaginons que votre voisin ne souhaite pas vermifuger.

Sur le plan parasitaire, il sera donc illusoire de vouloir contrôler les gastérophiles ou les habronèmes. Ces parasites auront une « réserve » de larves chaque année et franchiront sans encombre les obstacles entre vous et votre voisin.

Pour les autres parasites, la distance mais aussi la nature de la séparation entre vous et le voisin sont importantes pour définir l'impact de cet espace où les parasites pourraient être présent en grande quantité.

Plus la distance est importante entre vous et votre voisin, plus les parasites auront de difficultés à contaminer votre espace. Il faudra néanmoins garder toujours à l'esprit qu'une zone humide ou d'ombre fraîche se traverse plus aisément qu'une zone sèche ou exposée au soleil.

Les zones riches en faunes sont parfois propices aux traversées de parasites par le va et vient des animaux. Si on a une gestion respectueuse de la diversité, ces zones deviennent rapidement également riches en « prédateurs » de parasites. On observe alors la naissance d'un équilibre et si la distance est suffisante, les parasites se retrouveront bloqués.

Il est évident qu'une distance est fortement diminuée si on a un cours d'eau (fossé, rivière, ruisseau...) qui traverse une pâture pour aller dans l'autre. Le sens du courant vous donnera alors l'indication de « qui contamine qui ? ».

Maintenant, vous arrivez certainement à vous faire une idée de l'influence que votre voisin a sur vous. Mais, pour faire votre programme, il faut laisser passer les saisons...

La première année, les habitudes de votre voisin ne vont pas vous impacter. L'année suivante, vous en arriverez même à considérer qu'il a peut-être raison et que vermifuger ne sert pas à grand chose. Il faudra attendre le cycle suivant pour voir l'impact du manque de gestion sur vos propres équidés. Tout dépend ensuite de leur tolérance, de leurs capacités propres et de celles des équidés du voisin. Au final, il faudra quelques années encore pour que le système se stabilise ou bascule vers des pathologies graves pour les équidés.

Pour éviter les pathologies graves chez les équidés fragiles ou peu résistants aux parasites, votre programme de vermifuges devra tenir compte de l'influence de votre voisin. Celui-ci va provoquer la contamination des pâtures, il sera donc illusoire de vouloir les préserver. Par contre, on pourra en vermifugeant en été et en hiver, aider les équidés à lutter contre les parasites. Il est important dans ce scénario de ne pas donner trop souvent des vermifuges. En effet, chaque vermifuge fait un vide et sera suivi d'une nouvelle infestation parasitaire à l'équilibre différent entre les espèces. Une perturbation trop régulière par les vermifuges va donc limiter les capacités de réaction du système immunitaire de l'équidé et détériorer à terme le tube digestif par les lésions répétées.

Anne Anta

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Chevaux au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage

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