Le molybdène, le soufre et le cuivre : de la chimie à la carence (Partie 4)

Publié le par François Kaeffer. Alpha et Omega

Nous nous penchons une fois de plus sur cette interaction particulière.

La formation des thiomolybdates est cantonnée au gros intestin ce qui nous amène à la conclusion que l’interaction avec le cuivre, pour le cheval, s’effectuerait non dans le tube digestif mais dans les tissus, au niveau enzymatique.

Nous aurions, non un antagonisme comme le cuivre et le zinc puisque l’absorption du cuivre n’est pas entravée, mais une interaction métabolique. Cependant, il faut pour cela que les thiomolybdates n’aient pas complexé avec le cuivre pour être absorbé.

Or seul 40 % du cuivre est absorbé dans l’intestin grêle donc 60 % peuvent se voir complexés dans le gros intestin et 90 % du molybdène est absorbé. Au vu des quantités, nous sommes au pire des cas (sans carence en cuivre) à plus de 5 fois de cuivre que de molybdène. Nous avons plus de chance d’avoir une production de complexes dans l’intestin et donc non assimilables.

La formation et l’interaction ne peuvent donc se faire que dans le cas de carence en cuivre ce qui pourrait en partie expliquer certaines différences dans la symptomatologie. Ou dans les cas d’excès en molybdène avec une supplémentation en soufre.

Vous allez dire : « mais alors pourquoi tant d’articles, de données, de réflexions pour arriver à un résultat aussi faible ? ».

A cela, nous répondons que :

  • Vous pouvez chercher, comme nous, à vous renseigner sur les oligoéléments et tomber sur une petite ligne dans un tableau avec cette simple phrase : « carence fréquente dans les fourrages, renforcée par excès de molybdène, soufre. ». C’est alertant et comme aucune explication n’est donnée… alors il ne reste qu’une solution : chercher ;
     
  • Une fois que vous commencez, selon les sources de vos recherches sur le molybdène vous trouverez 2 écoles : l’humain avec aucun effet indésirable notable ou du moins décrit et les ruminants avec des interactions terribles avec le cuivre. Hélas (ou heureusement) pour nous, rien n’est simple avec le cheval : l’Homme n’est que peu carencé en cuivre et les ruminants n’ont pas du tout le même système digestif que le cheval mais à peu de chose près, la même flore digestive.

Enfin… au moins, nous sommes fixés sur cette phrase perdue au milieu de nombreuses informations.

François Kaeffer

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