Un vermifuge chimique annuel pour (r)assurer

Publié le par Anne Anta. Alpha et Omega

Faire un vermifuge chimique annuel pour « assurer » ou « rattraper » est un conseil souvent donné aux personnes qui gèrent leurs équidés à l’aide de vermifuges naturels ou sans vermifuge systématique. En général, le vermifuge préconisé se fait en début d’hiver et est un « duo » qui combine deux molécules : le praziquantel et l’ivermectine ou la moxidectine.

Les personnes qui conseillent cette démarche mettent en avant la sécurité de l’équidé, mais cette pratique est-elle toujours bénéfique ?

Quels sont les avantages et les inconvénients à faire ce vermifuge ? Est-ce conseillé dans votre cas ? Techniques d’élevage fait le point.

Un vermifuge « chimique de type duo » va provoquer dans l’équidé la mort ou l’expulsion des tous les parasites qui y seront sensibles. C’est une opération de « nettoyage » de l’équidé qui peut être salutaire sur un équidé infesté… à condition qu’il ne le soit pas trop.

Le premier avantage « visible » d’un vermifuge est donc d’éliminer les parasites présents au sein de l’équidé, ce qui va lui permettre d’être sain et de « réparer » les éventuels dégâts. Dans cette logique, un vermifuge en début d’hiver est l’idéal (si on ne le fait pas trop tôt) : la recontamination ne se fera pas avant le printemps, ce qui laisse du temps à l’équidé pour se reconstruire.

Certains chevaux gagneront aussi à être déparasités avant l’hiver, car c’est une période où ils présentent une grande fragilité et où quelques parasites (via leurs consommations alimentaires, les dégâts qu’ils engendrent et la réponse immunitaire qu’ils monopolisent au quotidien) peuvent générer une détresse plus importante.

Néanmoins, si on part sur la notion de vermifuge unique, c’est qu’on considère que la contamination n’est pas excessive. En effet, faire un vermifuge aussi fort, sans préparation préalable, suppose qu’on aura un maximum d’effets secondaires en cas d’infestation importante. Si vous n’êtes pas certain de votre système, il est donc plus sage de ne pas faire un vermifuge unique mais de penser à une suite de vermifuges qui détruiront la population parasitaire interne de façon plus progressive.

Il faudra également songer que ce vermifuge unique ne va pas influencer l’état des pâtures. Autrement dit, au printemps, vous allez payer les conséquences de votre gestion des années précédentes.

Si vous avez pratiqué le vermifuge unique et que vos conditions n’étaient pas maîtrisées, vous aurez un environnement plombé de parasites, dès le retour des beaux jours, et un cheval surinfesté en quelques jours. Dans cette optique, il n’est pas raisonnable d’offrir un cheval « vierge » en pâture… si vous pensez que votre gestion a été un échec, c’est en été qu’il faudra recommencer un programme pour progressivement limiter l’impact parasitaire… pas en hiver et surtout pas à travers la technique du vermifuge unique.

Si vous avez créé un équilibre entre votre équidé et son environnement, le vermifuge avant l’hiver va rompre celui-ci. Vous aurez donc tout à reconstruire… et vous pourrez éventuellement y perdre ou y gagner.

En conclusion, la technique du vermifuge annuel rassure le propriétaire mais elle est responsable d’une rupture de l’équilibre entre le cheval et son parasitisme. Son utilisation doit donc se faire uniquement si le cheval peut bénéficier d’une telle opération pour recréer un équilibre plus favorable, si le cheval a besoin de réparer son tube digestif ou si le cheval a besoin de « toute son énergie » pour passer l’hiver.

Anne ANTA

Découvrez la seconde édition du guide Parasites et vermifuges réalisé par TE.
Pour commander une de nos publications, utiliser l’onglet "Commander un de nos produits" en haut de cette page ou connectez-vous sur notre site.

La garantie de l'expertise, le choix de l'indépendance

Cheval au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage

Cheval au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage