Une herbe rase, oui, mais laquelle ? 2. Le pâturage après fauche ou autre pâturage

Publié le par Catherine Kaeffer Alpha et Omega

Souvent on voit préconisé de mettre tel ou tel cheval sur de l’herbe rase.

L’herbe rase est une herbe courte. Oui, courte mais pourquoi est-elle ainsi ?

De la réponse à cette question dépend les effets nutritionnels de sa consommation.

Il y a 3 grands types de situations possibles. Nous avons déjà vu dans un précédent article, le cas des pâtures en milieu hostile.

Cas 2 : L’herbe est rase parce que je viens de la faucher

On suppose dans ce cas, une prairie classique, avec une fauche à hauteur d’environ 7 cm.

L’herbe restante sera composée du bas de plantes adultes pour les plantes hautes, mais aussi de la totalité de la plante pour celles qui font moins de 7 cm de haut.

Pour une prairie de type graminées prairiales, luzerne, trèfle blanc, pissenlit cela signifie que vous aurez le bas des tiges pour les graminées et la luzerne et la plus grande partie des feuilles pour le trèfle blanc et le pissenlit.

Mais dans tous les cas, il s’agit de plantes adultes, en croissance active et ayant souvent épié pour les graminées.

La graminée aura donc consommé ses fructanes qui sont localisés en bas de la tige pour former son grain. On aura donc en pâturage un bas de tige, riche en cellulose brute et finalement assez pauvre en fructanes si tant est que la coupe ait eu lieu juste après épiaison et que la plante n’a pas eu le temps de refaire des réserves.

Pour la luzerne, juste un bas de tige riche en fibres et assez pauvre en protéines.

Pour le pissenlit et le trèfle blanc, peu de modifications.

Donc, le mélange que vous allez donner sera proportionnellement plus riche en trèfle blanc que la prairie avant fauche. Ce sera compensé par l’augmentation de la teneur en cellulose liée aux graminées et à la luzerne.

Après tout dépend aussi du temps qui sépare la fauche du pâturage.

Si les deux se succèdent, alors tout se passe comme si la plante n’avait qu’une défoliation à une hauteur inférieure à 7 cm.

Mais s’il se passe un laps de temps suffisant entre les deux, de l’ordre de 5 jours généralement, ou bien si le temps de pâturage sur la parcelle s’étend au-delà de quelques jours, la prairie reprend son développement, si le temps le lui permet.

Cela signifie que vous avez pompage d’azote minéral dans le sol, fabrication de sucres par photosynthèse à partir des feuilles qui restent, et utilisation de la fin des réserves de fructanes.

La question est donc de savoir entre la vitesse de pousse de la plante et la consommation des chevaux, qui va être le plus rapide.

Si les chevaux sont sur une surface importante, et que la reprise est soutenue, l’herbe va se remettre à grandir et vous aurez des chevaux qui vont consommer une herbe jeune. On aura donc un apport important à la fois d’azote non protéique et de sucres solubles avec au fur et à mesure de la pousse, de moins en moins de fibres.

Si les chevaux consomment plus vite l’herbe qu’elle ne peut redémarrer, vous allez avoir un épuisement des plantes, un surpâturage. Le fourrage consommé sera de plus en plus pauvre en énergie, en azote et riche en fibres. Seules prospéreront les plantes qui ont un port ras (ou un système de stolons), des réserves importantes en fructanes ou qui sont délaissées par les chevaux. On aura donc une augmentation des trèfles blancs, pissenlits, pâturins et plantes toxiques.

À noter que la succession de deux pâturages par deux groupes différents, pose le problème de la sélectivité des animaux mais aussi celui du temps d’exploitation de l’herbe. En effet, une fauche est un prélèvement instantané et si le foin peut être ramassé vite, l’herbe repart rapidement. Par contre, si vous avez un premier groupe qui reste 1 semaine dans le pré et un second groupe qui reste le même temps, l’herbe aura été défoliée de façon répétée sur 2 semaines. Elle aura donc déjà recommencé à pousser au risque de se faire consommer de nouveau, avant la sortie du 2ème groupe.

Dans un dernier article, nous aborderons le cas du pré surpâturé ou en pâturage permanent.

Catherine Kaeffer

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