Une herbe rase, oui, mais laquelle ? 3. Pâturage permanent ou surpâturage

Publié le par Catherine Kaeffer. Alpha et Omega

Souvent on voit préconisé de mettre tel ou tel cheval sur de l’herbe rase.

L’herbe rase est une herbe courte. Oui, courte mais pourquoi est-elle ainsi ?

De la réponse à cette question dépend les effets nutritionnels de sa consommation.

Il y a 3 grands types de situations possibles. Nous avons déjà vu dans de précédents articles, le cas de la pâture en conditions hostiles et celui du pâturage après fauche.

Cas 3 : L’herbe est rase parce que le pré est surpâturé

Dans cette situation l’herbe n’a pas eu le temps d’atteindre sa maturité avant d’être consommée soit parce que le nombre d’animaux est trop grand sur une surface réduite, soit parce que nous sommes en pâturage permanent sur de longues périodes. En effet, dans ce cas, comme les chevaux choisissent toujours préférentiellement l’herbe courte, on a des zones qui seront surpâturées quelle que soit la surface offerte. Sans intervention humaine, les autres zones dites de refus se ferment progressivement en se couvrant de plantes délaissées ou ligneuses.

Si on suppose l’ensemble du pré surpâturé, on va donc avoir au fil des saisons, sélection d’espèces rases comme le trèfle blanc ou qui stockent bien les fructanes comme les pissenlits ou le plantain. On aura aussi développement des plantes non consommées comme le rumex ou bien le bouton d’or.

Si vous souhaitez avoir une herbe rase pour un cheval qui est trop gros. Le pré surpâturé aura l’avantage que vous limiterez la quantité d’herbe offerte à condition que la surface ne soit pas trop importante. Mais vous pourriez aussi bien mettre votre cheval dans un pré à herbe haute à condition de limiter la surface offerte de façon à limiter les quantités d’herbe accessibles.

Ceci étant, l’avantage dans ce cas du pré surpâturé est que vous pouvez donner une surface suffisante pour que le cheval puisse se défouler confortablement alors que forcement, sinon, vous n’avez pas une « aire de jeux » suffisante.

L’inconvénient est que le cheval peut être amené à consommer des plantes qu’il dédaignerait sinon et donc les intoxications sont plus fréquentes.

Si c’est un cheval qui est très sensible aux fructanes comme un PSSM ou un insulino résistant, vous allez avoir une herbe qui sera plutôt riche en ces sucres. Si elle est en très petite quantité, cela ne posera que peu de problèmes mais il faudra en tenir compte dans le reste de la ration. Cela signifie donc que vous devrez être plus exigeant sur le type de foin que vous prendrez en le choisissant bien épié et que tout foin feuillu sera encore moins conseillé. Cela signifie aussi que vous aurez encore moins de latitude sur le choix d’un aliment.

Ce type de situation n’est pas stable et va se dégrader d’année en année pour évoluer soit vers un sol nu avec les problèmes qu’il se transforme facilement en sol boueux, soit vers un espace envahi de « mauvaises herbes ».

La notion d’herbe rase recouvre donc des réalités très différentes à la fois sur le type de couvert végétale, son évolution possible, sa gestion mais aussi sur ses caractéristiques nutritionnelles et partant le type de chevaux auxquels cela conviendra… ou pas.

Catherine Kaeffer

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Cheval au pâturage. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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