Que faire des crottins ramassés après vermifuge ?

Publié le par Anne Anta. Alpha et Omega

Une fidèle lectrice nous a posé la question suivante :

« Je vermifuge et je ramasse les crottins pour éviter une réinfestation, une dissémination des parasites et une atteinte à l'environnement. Et après, j'en fais quoi de mes crottins ? Je les mets dans le fumier ? Je les étends sur une pâture pour qu'ils sèchent ? Je les enfouis ? Je les mets dans un fossé ? dans mon jardin ?... »

Anne, l’auteure du fascicule « Parasites et Vermifuges » et du livre « A la recherche des parasites, l’analyse coprologique » répond à cette question que tout propriétaire s’est posée un jour ou l’autre :

Le sujet est très complexe et on n’a pas toutes les réponses. Néanmoins, voici quelques éléments pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants :

Je vermifuge et je ramasse les crottins pour éviter une réinfestation :

Si on vermifuge, alors on tue les parasites ou on provoque leur expulsion avant la fin normale du cycle, la réinfestation est donc peu probable.

Je ramasse les crottins pour éviter une dissémination des parasites :

La dissémination suppose une sortie d'un parasite capable de survivre. Or le vermifuge ne provoque pas son expulsion forcément au bon moment et en général c'est une paralysie qui provoque la sortie. La dissémination est donc peu probable

Je ramasse les crottins pour éviter une atteinte à l'environnement.

L'atteinte à l'environnement est dépendante de la molécule, de sa métabolisation éventuelle et de sa captation éventuelle. Il y a donc bien une atteinte à l'environnement localisée qui peut être "délocalisée" en retirant le crottin... mais c'est déplacer le problème.

Et après, j'en fais quoi de mes crottins ? Je les mets dans le fumier ?

Cela paraîtrait logique et pourtant si la quantité de molécule vermifuge est importante, elle aura un impact sur la faune responsable de la dégradation du fumier ou celle qui fait le compost. Ce n'est donc une bonne pratique que si met dans beaucoup de crottin non traité et qu'on attend ensuite suffisamment longtemps avant d'étendre. Attention au lieu de stockage du fumier... la terre battue n'arrête pas les molécules et les jus de fumière peuvent se charger de diffuser les molécules si on ne prend pas garde où ils vont.

Je les étends sur une pâture pour qu'ils sèchent ?

C'est un bon moyen pour lutter de façon naturelle contre les parasites mais cela ne permet pas la dégradation des molécules vermifuges, c'est donc une pratique "du quotidien" mais pas utile "après vermifuge" puisque les parasites sont déjà morts. On a de plus un impact non négligeable sur la faune de la pâture.

Je les enfouis ? Je les mets dans un fossé ? dans mon jardin ?... 

À chaque fois, on déplace le problème mais on ne le résout pas... au stade actuel de nos connaissances, il faut limiter l'usage des vermifuges au strict nécessaire et à des équidés vraiment infestés pour que l'excrétion soit limitée et que la quantité restante soit suffisamment faible pour qu'on puisse laisser le crottin en place ou le mettre dans une "fumière ou un compost déjà installés". L'idéal c'est de se passer de vermifuge mais ce n'est pas toujours possible... Un exemple : l'ivermectine persiste 6 semaines dans du fumier de bovin. Il y a des molécules plus néfastes que d'autres et des périodes où l'usage d'un vermifuge devrait être limité, comme évoqué dans un précédent article sur le vermifuge de printemps.

Anne Anta

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Crottin. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

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