Gestion de pâtures et parasites internes : le pré permanent

Publié le par Anne ANTA - Alpha et Omega

C'est un cas de plus en plus fréquent dans le monde équin, les chevaux ou les ânes sont placés sur une parcelle et y restent à l'année. Quel est l'impact d'une telle pratique sur la population parasitaire ?

Le pâturage permanent n'a pas que des inconvénients en terme de gestion parasitaire comme on l'entend souvent.

En effet, un pâturage permanent, c'est l'assurance que les cycles se déroulent sur une même parcelle dans leur intégralité et donc une possibilité d'action par des vermifuges qui va avoir une répercussion sensible, directe et prévisible sur les populations. Cet aspect facilite le suivi et simplifie la gestion parasitaire.

Cet avantage dépend bien évidemment de la stabilité du troupeau et d'un recours limité aux changements, notamment par l'usage de vermifuge.

De plus, dans certaines parcelles de pâturage permanent, on observe l'absence de zone d'herbe supérieure à 10 cm ou de zone de refuge pour les parasites. Ce sont donc des parcelles où la pression parasitaire est limitée une grande partie de l'année par des conditions défavorables au développement parasitaire.

Cet avantage se perd quand on observe des zones de refus, des haies... et ne concerne que les parasites nécessitant une réinfestation par ingestion. Par exemple, les oxyures ou les gastérophiles ne sont pas concernés par la hauteur de l'herbe.

L'équilibre entre l'équidé et la population parasitaire se trouve plus facilement et les changements sont progressifs, ce qui évite les infestations massives par les parasites et les répercussions sur la santé des équidés.

Cet avantage se maintient tant que la situation reste stable.

Les inconvénients du pâturage permanent cités incluent souvent une surcharge parasitaire. S'il est vrai que le pâturage permanent laisse aux parasites la possibilité de faire leur cycle sans interruption, la surcharge parasitaire est toujours un résultat aux causes multifactorielles, dont un manque de gestion et souvent une faiblesse des équidés.

En cas de surcharge parasitaire, le choix du maintien en pâturage permanent oblige à l'utilisation de d'autres méthodes de régulation, notamment chimiques avec l'usage de vermifuges.

Le pâturage permanent est un système dans lequel la résistance aux molécules et aux produits vermifuges est fréquente.

La population parasitaire ayant la possibilité de faire des cycles entiers, la sélection en cas de pâturage permanent a un impact durable. Il faudra être donc particulièrement vigilant et faire une sélection intelligente si on souhaite ou si on doit utiliser des vermifuges.

Pour les équidés, le pâturage permanent peut engendrer une perte des capacités à gérer les parasites internes, une tolérance à un certain niveau de parasites et une incapacité à supporter les variations dans la population parasitaire. Si vous décidez de changer de système ou de pâture, prenez des précautions en choisissant une période de faible activité parasitaire et en surveillant, avec l'aide de votre vétérinaire, que "l'apprentissage" aux nouvelles conditions de vie se fait sans dégât.

Pour résumer, le pré permanent est un choix qui simplifie la situation parasitaire pour le propriétaire et la rend plus facile à gérer. Néanmoins, c'est une situation qui ne peut être favorable qu'avec un suivi vétérinaire régulier, une vigilance accrue sur les phénomènes de résistance et des équidés adultes en bonne santé.

Anne ANTA

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Deux ânes dans un pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage

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