Utiliser un aliment tout fait pour mon cheval : Cheval malade ou blessé

Publié le par Catherine Kaeffer. Editions Alpha et Omega

Imaginons que votre cheval se fasse un pépin sur un tendon, un problème de fracture, qu’il ait une opération ou que sais-je. Bien sûr on ne le souhaite pas mais cela arrive.

Votre vétérinaire vous demande de le confiner au box pour un certain temps.

Évidemment pour éviter une colique vous allez baisser sa ration et en général on arrive à une situation où on ne donne plus que du foin ou peu s’en faut.

Si on reprend les graphiques d’un précédent article, on va donc se retrouver soit dans la situation 0 si le cheval travaillait peu avant, soit dans la situation 1 si le cheval était très musclé.  Les situations 2, 3 et 4 sont donc à éliminer. Voici cela que cela peut donner en termes d’alimentation :

Apports nutritionnels pour un cheval confiné. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Apports nutritionnels pour un cheval confiné. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Voici ce que cela donne en termes de couverture minérale des besoins, pour le zinc :

Apports en zinc pour un cheval qui doit rester au box. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

Apports en zinc pour un cheval qui doit rester au box. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

Et pour le cuivre :

Apport en cuivre pour un cheval immobilisé. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Apport en cuivre pour un cheval immobilisé. Techniques d'élevage. Tous droits réservés

Déjà pour n’importe quelle pathologie, c’est une situation problématique si vous ne revoyez pas votre ration histoire de pallier les carences avec un complément minéral vitaminé.

Mais supposons que la raison de l’arrêt de votre cheval soit un problème de fracture ou d’atteinte osseuse, son organisme devra réparer. Le cuivre conditionne le développement et la résistance de l’os d’où son surnom de « colle d’os » et le zinc est nécessaire à l’ossification. Donc au niveau des besoins, votre cheval aura ses besoins « normaux » mais forcément, il aura besoin de plus pour financer sa réparation. Donc le risque de carence à alimentation égale est plus grand.

Et voilà que vous, à juste titre, pour éviter le risque de coliques, vous diminuez brusquement et de façon importante la couverture des besoins minéraux.

Si le cheval est arrêté parce qu’il a fait une piroplasmose, il est anémié. Le cuivre est un des facteurs antianémiques avec le fer et le cobalt. Donc un apport trop juste en cuivre, entraînera une guérison plus lente. Là encore, on a un phénomène de ciseaux : augmentation des besoins, diminution des apports.

Pour le cheval arrêté suite à une infection quelconque, la carence en zinc, en provoquant une baisse des défenses immunitaires n’est pas favorable à une bonne guérison, surtout si le confinement dure longtemps.

N’oublions pas aussi que les carences minérales du cheval concernent aussi la flore du tube digestif qui se retrouve carencée pour les mêmes raisons. En cas de pathologie perturbant la flore et elles sont nombreuses, celle-ci aura plus de mal à récupérer si on ne l’alimente pas correctement (et oui, on nourrit la flore comme on nourrit le cheval, je dirais même en priorité par rapport au cheval !)

À noter aussi que ce phénomène est général, même si je l’ai mis en évidence sur le zinc et le cuivre parce que ce sont des grands classiques. Mais vous allez le retrouver peu ou prou sur tous les oligo-éléments et sur les vitamines.

Si votre cheval était au pré et que vous le confinez au box pour les soins, forcément, il passera au foin et vous allez créer selon toute vraisemblance des carences vitaminiques que votre aliment, mis de côté, ne pourra plus vous compenser.

Pour un cheval qui est arrêté brusquement pour raisons sanitaires, la ration qui lui convenait avant ne conviendra plus. Il faut donc :

1 : estimer l’impact que la diminution du niveau alimentaire aura sur l’ensemble des éléments de la ration et non simplement sur UFC MADC

2. estimer l’impact de la blessure ou de la pathologie (par exemple destruction des globules rouges qu’il faudra refaire, tendon à reconstruire, fracture à consolider…) et la traduire en termes de besoins nutritionnels supplémentaires.

3. bien entendu prendre en compte les événements et les évolutions que de toutes façons vous ne pouvez pas arrêter. Vous pouvez mettre un cheval au repos. Vous pouvez dans une moindre mesure limiter sa vitesse de croissance en prenant des précautions mais vous ne pourrez pas arrêter l’évolution d’une gestation.

Autre application du même principe dans un centre équestre

Catherine Kaeffer

Découvrez le poster Les minéraux chez les équidés réalisé par TE : métabolisme, excès, carences…
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