Réflexion équine : reculer, c'est se soumettre ?

Publié le par Editions Alpha et Omega

"Reculer, c'est se soumettre", voilà une idée largement répandue dans le monde équin et véhiculée par de nombreuses méthodes d'éducation. Mais d'où vient-elle et peut-on vraiment l'appliquer au cheval et dans quel(s) contexte(s) ?

Le cavalier demande au cheval de reculer, il se braque, force, refuse et finit par mordre ou se cabrer. Un schéma malheureusement classique et qui selon les connaissances et compétences des deux protagonistes peut mal se terminer.

De cette observation, beaucoup ont tiré l'enseignement que "reculer est difficile pour le cheval". C'est un exercice qui est généralement source de tensions et pourtant que certains exécutent avec facilité voire avec fluidité.

"Il ne veut pas reculer, c'est difficile pour lui car il faut se soumettre"

Cette affirmation rassure et justifie l'insistance avec laquelle l'humain demande. Elle permet de faire des analogies avec le comportement des équidés (ou des humains ?) où "seuls les soumis reculent". Et c'est vrai que quand on observe un troupeau, il est rare de voir un cheval reculer... mais il aussi rare qu'un cheval soit dans l'obligation de le faire.

En dehors de toute pression sociale, quand un cheval se retrouve dans un cul de sac, il aura toujours le réflexe de rechercher une solution vers l'avant ou sur le côté, parfois dans le demi-tour. Le reculer sera sa dernière option et pour cause, c'est difficile pour lui... il faut placer le dos, les membres, aller avec prudence... 

Alors quand l'humain lui demande de reculer, il faut que l'humain soit "un mur" et suffisamment infranchissable pour que le cheval ne tente rien ou pas grand chose.

Dans ce contexte, on peut parler "respect" et "soumission" mais on peut aussi considérer que l'humain représente une "menace suffisante" pour que le cheval recule. Non seulement il y a un mur mais l'équidé ne peut pas attendre sagement qu'il s'enlève puisqu'il agresse l'équidé.

La crainte de l'humain est une motivation couramment utilisée dans certaines méthodes, mais il faut en avoir conscience, en connaître les limites et savoir en gérer les conséquences. Demander à un cheval de reculer sans préparation, c'est user d'une force de persuasion qui ne laisse aucune place à la confiance. C'est à mon sens une mesure d'urgence, pas une méthode éducative à privilégier dans le quotidien.

Reculer est un exercice qui nécessite un cheval qui a un physique fonctionnel et qui maîtrise le transfert de poids "avant-arrière". Les membres doivent pouvoir se mettre "sous la masse" et le dos doit être en place.

Un cheval ne peut pas reculer sereinement avec la tête en l'air. Il ne peut pas non plus le faire, si on n'a pas une bonne maîtrise de l'arrêt et que le cheval "s'éteint" pour stopper. Avoir un poids important sur l'avant main est également un frein à cet exercice.

Pour un jeune cheval, le reculer s'apprend en ayant un mouvement en avant dynamique et en basculant l'énergie de ce mouvement vers l'arrière. Quand le reculer est donné sur simple demande sans contrainte, alors on peut considérer que celui-ci était bien préparé et que le corps était prêt à reculer.

C'est un mouvement difficile, il fait partie d'un travail et doit être considéré comme exceptionnel. Un usage trop fréquent ou trop long expose à une fatigue (autant physique que mentale) qui n'est souhaitable ni pour un jeune, ni pour un équidé non entraîné.

Anne ANTA

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Membres cheval protégés. Tous droits réservés à Techniques d'élevage.

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