Vermifuge et parasites : préparer le déconfinement

Publié le par Anne ANTA. Editions Alpha et Omega

Le confinement imposé par le gouvernement a engendré une situation inédite pour certains équidés et leurs propriétaires.

Le vermifuge de printemps a été retardé, voire annulé.

Certains chevaux ont été remis de façon rapide et pendant une longue période en pâture alors qu'ils en avaient perdu l'habitude. Des troupeaux ont été composés rapidement. D'autres ont vu leurs sorties se réduire au strict minimum.

Toutes ces situations ne sont pas comparables sur le plan parasitaire et avant d'envisager le déconfinement, il est important de faire le point sur les impacts du confinement.

Avant tout, il est important de considérer que le confinement a commencé en période où la majorité des parasites sont en phase d'infestation.

La première étape consiste à déterminer si la situation du confinement a eu pour conséquence de limiter l'exposition aux parasites ou au contraire de l'augmenter.

Un cheval qui était au box et qui a été placé en pâture 24h/24 s'est retrouvé brutalement exposé à une population parasitaire différente et plus variée. Rajoutez à cela le changement alimentaire et vous comprendrez une partie du bouleversement subit par l'organisme du cheval.

Une fois la tendance générale trouvée, vous pouvez l'affiner en définissant les parasites qui se sont ajoutés et ceux qui au contraire se sont retrouvés inaccessibles.

Ceci dit, dans votre raisonnement, il faut tenir compte de la période de confinement. Pour certains parasites nous ne sommes pas passés en phase d'excrétion, leur présence est donc plus probablement corrélée à leur présence dans la pâture d'accueil plutôt qu'à l'excrétion par un membre du troupeau.

Pour les parasites ayant pu mener à bien leur cycle, la composition du troupeau a une importance puisqu'en présence d'excréteurs la population parasitaire a pu augmenter rapidement. Rajoutez à cela le "vide" parasitaire de certains chevaux mis subitement au pré, le stress lié au rassemblement d'équidés qui ne se connaissent pas bien, les manipulations de crottins pour l'établissement de la hiérarchie, le retrait des crottins perturbé et vous aurez des parasites qui ont eu plus de facilité à passer d'un individu à un autre et à se développer.

Certains propriétaires avaient aussi procéder au vermifuge de printemps, ce qui n'a pas forcément simplifié la situation des équidés concernés.

Les changements de pâtures retardés ou le surpâturage ont aussi joué un rôle en diminuant les capacités des chevaux à gérer le parasitisme.

Bref, sur le plan parasitaire de nombreux chevaux ont eu une brusque arrivée du parasitisme à gérer et ils ont eu à modérer l'augmentation des parasites.

Les conditions climatiques chaudes et humides de certaines régions ont encore accentué le phénomène.

Au moment des retrouvailles, nombreux seront les propriétaires qui récupéreront un cheval parasité et plus faible qu'à l'accoutumée. Pour beaucoup, le réflexe sera de donner un vermifuge naturel ou chimique "de rattrapage". Pourtant, il faudra rester vigilant et surtout regarder vers l'avenir avant de prendre sa décision.

En l'absence de changement de pâture, il est préférable de s'abstenir puisqu'il n'y aura aucun bénéfice pour le cheval. Travaillez sur l'environnement.

Si le cheval demeure au pré, un vermifuge au déconfinement risque de sélectionner les parasites à cycles courts et résistants. Sauf urgence, il est donc préférable d'attendre un "moment propice" au niveau climatique pour donner le traitement et de travailler sur l'environnement.

Si le cheval retourne dans un milieu où le parasitisme est plus restreint sur le plan environnemental et dans lequel la capacité de réinfestation est faible, le vermifuge peut se justifier, à la fois pour limiter l'infestation future du milieu mais aussi pour permettre au cheval de retrouver un équilibre rapidement. Ce vermifuge ne doit cependant avoir lieu que dans la mesure où la population environnementale est plus facilement gérable par le cheval que la population qu'il a déjà acquis.

Dans tous les cas, si vous prenez la décision de traiter, surveillez attentivement le cheval dans les jours qui vont suivre le vermifuge à cause du risque de coliques ou de complications.

Anne ANTA

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Cheval au pré. Tous droits réservés à Techniques d'élevage

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