Alimentation et problèmes de dos chez le cheval

Publié le par Catherine Kaeffer Editions Alpha et Omega

L’alimentation peut être source de problèmes de dos et de douleurs dorsales chez le cheval.

En effet, le cheval mécaniquement et schématiquement peut être assimilé à un pont (le corps) qui repose sur deux piliers (les membres antérieurs et les postérieurs). Sur ce point, il est très différent de nous qui serions plutôt assimilables à des colonnes.

Donc nous avons notre pont. Pour le soutenir, on peut mettre des haubans comme sur le pont de Saint-Nazaire, ou bien on peut le soutenir par une série de câbles, de tirants qui le stabilisent à l’horizontale comme les ponts militaires par exemple celui de Tours.

Si on retire une partie des haubans ou des structures qui tiennent le pont, il va fléchir sous son propre poids. Évidemment, si vous les retirez tous, il va s’effondrer.

D’autre part, en l’absence de blocages corrects, les piliers du pont vont avoir tendance à s’écarter sous le poids du tablier.

Revenons à notre cheval-pont. La structure, ce sont les os. Les tirants, les haubans, ce sont les muscles et les ligaments.

Si vous n’avez plus assez de muscles sur le cheval, vous allez avoir la colonne vertébrale qui va plier sous le poids du corps, le dos se creuser, l’engagement des postérieurs qui deviendra impossible. Vous augmentez les risques de conflits entre les vertèbres et de façon générale, vous rendez le cheval moins à l’aise dans le mouvement et plus douloureux.

Et, cerise sur le gâteau, l’os est constitué d’une trame protéique sur laquelle viennent se fixer les minéraux. Donc une carence protéique atteindra la solidité osseuse surtout si le cheval est en croissance. Évidemment, si vous avez une carence minérale en sus, ce sera encore plus problématique.

Et cela quelle que soit la raison de cette perte musculaire : pathologique, par arrêt de travail… ou alimentaire.

Un muscle est un organe à renouvellement assez rapide et il doit donc toujours être entretenu par l’effort et un apport continu de nutriments nécessaires pour sa fabrication.

Un muscle c’est d’abord et avant tout des protéines.

Si vous avez un apport protéique inférieur aux besoins, l’organisme va puiser dans ses protéines musculaires, le muscle servant dans ce cas de réserve. Les masses musculaires peuvent être détruites de façon assez rapide, en quelques semaines ou en quelques mois. Le squelette n’étant plus soutenu par les muscles du dos et les abdominaux qui soutiennent le poids par en dessous, le dos du cheval se creuse. Parfois une bonne alimentation et un travail soutenu permettent de récupérer cette situation. Parfois non. Et si elle a duré assez longtemps pour provoquer des dégâts osseux, cela sera encore plus difficile à rattraper.

Donc la situation à éviter est celle où vous apportez moins de protéines que le besoin de votre cheval. Sur un cheval adulte en bonne santé et en bon état, généralement l’apport protéique est suffisant parce que les fourrages sont relativement bien pourvus. Par contre, on peut avoir cette situation dans deux cas :

1. Soit le cheval est clairement dénutri et il manque de tout et donc de protéines mais pas que. C’est le cas des chevaux récupérés dans des états pas possibles. Dans ce cas, il n’y a pas vraiment de surprise, on sait que la situation est mauvaise.  
 

2. Soit lorsque le cheval a des besoins protéiques « anormalement » importants et que donc une alimentation « normale » n’a aucune chance de les couvrir.

Le cas de la jument en lactation est bien connu mais n’est pas toujours bien analysé. La jument sèche en lactation. Consomme ses muscles pour assurer la production laitière. Le poids du corps n’est plus soutenu, le dos se creuse. Après le sevrage, bien sûr vous allez la remettre en état mais cet affaissement du dos n’est pas toujours rattrapable à moins de repartir sur des exercices de musculation. Elle a donc un risque important de développer dans les mois ou les années qui suivent des pathologies dorsales.

L’autre cas fréquent est le poulain ou le jeune cheval qu’on récupère en mauvais état, ou après une phase d’élevage mal gérée. C’est le petit espagnol tout maigre qu’on achète au cul du camion. C’est le rescapé de boucherie. C’est le poulain élevé avec plus de bonnes intentions que de réelles connaissances. C’est le poulain de grande taille, voire de trait, alimenté comme un petit selle. En pleine croissance, ces poulains avaient un besoin protéique important qui n’a pas été couvert par une ration « normale ». Le pont est encore petit parce qu’ils ont naturellement un dos court mais il est en période fragile. On voit actuellement de plus en plus souvent des poulains au gros ventre et au dos creux. On pense que c’est le ventre qui tire le dos. En fait, le ventre est volumineux certes, mais le poulain n’est pas gras, donc le poids reste supportable. C’est plus souvent le dos qui n’a pas les muscles pour porter le ventre. Avec une bonne alimentation, on pourra récupérer un bon état visuel mais à terme ce type de chevaux sera un client assidu de votre ostéopathe… si ce n’est pas pire.

En conclusion pour que votre cheval se muscle, il ne sert à rien de monter le taux protéique très haut comme on le voit parfois préconisé. Si je vais tous les soirs manger un gros steak à l’Hippopotamus mais que je reste les fesses sur ma chaise toute la journée, je ne vais pas me muscler. Malheureusement…

Par contre, pour que votre cheval garde une masse musculaire correcte, il faut qu’il ait un apport protéique suffisant ce qui dans certains cas particuliers peut nécessiter une correction alimentaire.

Catherine Kaeffer

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Cheval au dos creux. Techniques d'élevage. Tous droits réservés.

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