Apprendre à votre cheval, à votre poney ou à votre poulain à se présenter en main

Publié le par Anne et Cat

 

Présenter un cheval ou un poney en main est demandé dans les concours d’élevage. Cela peut paraître simple au premier abord mais cela demande une réelle compétence de la part du présentateur comme du cheval.

 

Tout simplement parce que les habitudes classiques ou éthologiques ne seront pas opérationnelles dans ce cas.

 

Un exemple : un arrêt correct est carré… mais pas en présentation où il faut que le jury puisse voir les 4 membres.

 

Autre exemple : lorsque vous travaillez en main, le cheval doit soit rester à hauteur de votre épaule dans la méthode classique, soit rester derrière vous… en présentation il doit « sortir ses allures ». Donc à moins de courir comme Marie-Jo Perec, il va immanquablement passer devant vous.

 

Meneur et cheval doivent donc apprendre à se présenter.

 

L’arrêt

 

À 3-5 mètres du jury, parallèle à lui, côté hors crinière, les 4 membres au sol mais décalés.

 

Vous devez donc être capable de l’arrêter en un point donné pour qu’il soit centré sur le jury. C’est toujours plus flatteur d’avoir un arrêt franc, dans l’impulsion, plutôt qu’un cheval qui vous tracte encore 3 foulées avant de s’arrêter en se vomissant complètement.

 

Vous devez pouvoir pousser un membre ou l’autre pour corriger un antérieur ou un postérieur « caché ».

 

Pour certaines races, il est demandé que le cheval se « présente » par exemple campé et encolure relevée pour les arabes.

 

C’est aussi l’occasion de corriger certains défauts d’aplomb. Si votre cheval a tendance à être sous lui, par exemple, vous pouvez lui apprendre à se camper un peu plus pour qu’il soit dans une bonne position.

 

Et évidemment, il doit rester sage mais attentif. Un cheval un peu tendu, les oreilles en avant c’est plus photogénique.

 

La présentation au pas

 

Pour la présentation au pas, la longueur – relative – de votre foulée ne devrait pas limiter le cheval.

 

Il faut que le cheval marche bien droit. Donc il ne faut pas le tenir court. Sinon, il y a de fortes chances qu’il s’appuie sur vous (réellement ou psychologiquement), qu’il se traverse et que son encolure ne soit pas dans l’axe. Donc au moins un mètre de longe. Certains chevaux demandent même plus pour être bien.

 

En plus pour que le pas soit correct, il a besoin de son balancier tête – encolure.

 

Premier critère : le cheval doit se méjuger (trace du postérieur devant la trace de l’antérieur du même côté). Certains chevaux le font naturellement, d’autres… un peu moins. Cela se travaille.

 

Donc pas actif. A la maison, le stick est là pour rappeler tout manquement à cette règle. Cheval dans l’impulsion, qui tend son dos.

 

Vérifier qu’il ne se couche pas dans les tournants. Si votre cheval a tendance à le faire, vous pouvez le rectifier en lui repoussant l’épaule avec la main pour qu’il reste bien droit. Ralentir, retasser dans les tournants. Même exigence que le passage correct d’un coin dans un manège.

 

En général, la bonne position du présentateur est à l’épaule en piste intérieure. Pensez au mimétisme de votre corps pour retasser le cheval dans l’impulsion.

 

Le jury demande souvent une présentation en triangle. Attention, cela fait des tournants plus brusques que le rectangle classique.

 

L’accélération en sortie de tournant doit être franche mais progressive pour ne pas que le cheval trottine. A l’apprentissage, sanctionner tout départ au trot non demandé. S’il part au trot dans le calme, il a encore plus de chance de le faire dans un environnement qui le stressera.

 

Présentation au trot

 

Corollaire de ce qui vient d’être dit, le cheval doit monter dans son trot sur simple demande de la voix. Tirer dessus pendant que quelqu’un agite une badine derrière est simplement désolant… même si on le voit plus souvent qu’on ne le croit.

 

Au trot, vous n’avez pas la foulée suffisante pour suivre votre cheval, surtout s’il doit allonger.

 

Il faut donc tricher. Le principe est simple :

 

Vous êtes en piste intérieure à 1,5 mètres de lui au moins pour qu’il soit bien droit et qu’on le voie bien. Vous gagnez donc du terrain à chaque tournant. Par contre, vous avez le même trajet à parcourir que lui dans les lignes droites.

 

Si le cheval suit la piste, il ralentit dans les tournants comme au pas.

 

En sortie de tournant, vous êtes nettement devant lui sur votre piste intérieure.

 

Il accélère. Forcément, plus ou moins rapidement, il passe à votre hauteur, puis devant. Vous laissez filer votre longe pour qu’il puisse « s’exprimer ».

 

Un peu avant le tournant suivant, il est devant. Vous le ralentissez par action de main et du corps pour qu’il se retasse.

 

Comme il ralentit et que vous avez nettement moins de chemin à faire, vous repassez devant.

 

Cela lui donne toute latitude pour jaillir de son tournant.

 

Et ainsi de suite.

 

Évidemment, le phénomène est plus marqué sur les grands côtés.

 

Si vous faites un triangle, les tournants étant très courts, vous pouvez quasi faire une sorte de tiers de tour en longe pour reprendre votre diagonale. Cela vous permet de vous arrêter plus tôt et de couper le fromage davantage. Attendez que le cheval soit droit pour le laisser reaccélérer.

 

Vous allez me dire qu’il n’est pas facile de faire accélérer un cheval lorsqu’on est devant sans accélérer soi-même. C’est là que le travail intervient. Le cheval doit apprendre cela comme un exercice tout fait.

 

Il faut qu’il jaillisse de son tournant.

 

Il faut aussi que vous soyez capable de le ralentir sans à-coups, dans la légèreté, alors qu’il est nettement devant vous.

 

En outre, il doit apprendre qu’à chacun sa piste (et les vaches seront bien gardées)… Donc hors de question qu’il réponde à une action de la longe en vous coupant la route. Il doit rester bien droit mais ralentir.

 

Vous aurez aussi ce type de mouvement à négocier pour venir vous placer devant le jury. Un doubler puis un arrêt.

 

Et si c’est un poulain ?

 

Gestion encore plus longue, plus souple, en le dirigeant sans le contraindre pour qu’il puisse exprimer la joie de vivre et la légèreté qu’ils ont à cet âge.

 

Bon. Tout cela ne transformera pas un cheval mal foutu en champion de la génétique mais cela peut faire pardonner ses petits défauts.

 

On parle parfois d’un cheval voleur quand l’énergie qui s’en dégage fait oublier des défauts de conformation. Apprenez à votre cheval à voler dans tous les sens du terme.

 

Cat

 

Présentation d'un poney en main Poney Français de selle PFS. Copyright Techniques d'élevage