Avoir son poney (ou son cheval) au pré chez soi : le rêve de beaucoup d’adolescents… et d’adultes

Publié le par Anne et Cat

 

« Nous avons un pré à côté de chez nous. Pourquoi ne pas y mettre un poney ?. Ce serait sympa et puis on pourrait le voir tous les jours ».

 

C’est le raisonnement que font beaucoup de jeunes. Quelques points sont cependant à regarder de très près avant de s’engager.

 

Un pré, c’est un espace qui sert à la fois de détente et de garde-manger.

 

On compte généralement 1 ha pour un cheval et donc un peu moins pour un poney en fonction de la taille.

 

Il doit comporter au moins un point d’eau propre et si possible un abri qui peut être un arbre ou une haie pour un poney.

 

Le poney va piétiner certaines zones du pré, détruisant l’herbe et les transformant en bourbier en hiver. En général ce sont les zones qui longent la clôture, l’entrée du pré, les abords de l’abri, les abords de l’abreuvoir…

 

Lorsque le poney crotte, l’herbe à l’endroit où le crottin est tombé sera ensuite refusée par le poney pendant plusieurs années (vous mangeriez dans vos toilettes, vous ?…). Elle se développera et deviendra très haute et très coriace. Ces zones appelées « refus » s'étenderont au fur et à mesure. Il faudra de temps en temps les faucher.

 

Si le pré est divisé en plusieurs parties, on peut mettre le poney dans une pendant que l’herbe repousse dans l’autre. Avantages : l’herbe peut repousser en partie dans les zones de piétinement, on a la possibilité de mieux gérer l’alimentation du poney voire de le mettre au régime s’il devient trop gros. Inconvénient : il a moins de place pour se dépenser.

 

Si le pré est d’un seul tenant, le poney aura plus de place mais par contre, sur ses « trajets » préférentiels, l’herbe finira par disparaître complètement. En outre, pas moyen de moduler l’alimentation.

 

Un pré, c’est une clôture. Le barbelé est extrêmement dangereux, il faut impérativement le retirer. Le grillage à mailles carrées type mouton est très déconseillé et ne peut être employé que s’il est doublé par une clôture électrique. Les fils électriques utilisés pour les vaches peuvent être acceptables pour des animaux calmes et habitués mais pas pour des jeunes ou des animaux qui ont du sang. Bref, sauf si le pré a été conçu pour les chevaux, la clôture est généralement largement à refaire.

 

Un poney, il faut impérativement venir le voir tous les jours et pas simplement quelques minutes. Le minimum à mon sens est 1 heure par jour sauf s’il est avec plusieurs autres animaux (poneys, ânes ou chevaux bien sûr mais aussi moutons, bovins, chèvres, oies…).

 

Mais dans tous les cas, il faut faire le tour du pré tous les jours : vérifier les clôtures, l’eau, aller voir tous les animaux un par un et prendre des nouvelles…

 

Un poney, pour qu’il ne s’ennuie pas, surtout si le pré est petit, doit travailler le plus souvent possible. Si c’est un poney d’âge qui connaît son métier et que vous êtes en campagne, vous pourrez partir en ballade avec lui. Par contre, si c’est un jeune, le débourrage nécessite une main expérimentée et dans tous les cas, le fait de le faire au milieu d’un pré complique singulièrement l’affaire.

 

En outre, en hiver, il faut considérer que travailler dans le pré est parfois tout simplement impossible. On peut évidemment construire une carrière ou un rond de longe mais ce n’est pas à la portée de tout le monde, techniquement comme financièrement. N’oubliez pas non plus qu’en cette saison, il fait nuit tôt, il faut donc ne pas terminer trop tard sous peine de ne plus voir son poney que le week-end.

 

Selon la race du poney (ou du cheval), la surface dont il dispose et les efforts que vous lui demanderez, vous serez amené à lui apporter du foin, des céréales ou des granulés. Cela veut bien entendu dire que vous devez prévoir un espace pour les stocker, à l’abri de la pluie.

 

Evidemment, comme tout cheval, il faudra prévoir les vermifuges (3 ou 4 par an au pré), le maréchal pour le parage (1 à 2 fois par an) ou le ferrage (toutes les 6 semaines), et les éventuelles visites du véto, de l’ostéo ou du dentiste équin. Et à chaque fois, vous devrez être là.

 

Si vous avez 10 ans lorsque vous achetez un poney, n’oubliez pas que vous pourrez toiser 1m 60 à 14 ans (ou plus). Etes-vous prêt à passer la main à quelqu’un d’autre ou à trouver votre plaisir en travaillant à pied ?

 

Si vous avez 14 ans lorsque vous avez votre cheval, qui reprendra la main lorsque vous partirez à 18 ans pour poursuivre vos études ailleurs ?

 

Avoir un poney chez soi, être son maître, cela veut dire en être responsable, 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Alors quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté (et du sien) :

 

  • Achetez un animal qui connaît son boulot. Essayez-le avant ou même mieux prenez-le en pension un mois avant de conclure la vente.
  • Choisissez-le de race rustique, suffisamment grand pour être monté par un adulte (sauf utilisation particulière).
  • Considérez que ce sera votre principal et souvent unique loisir (les journées ne font que 24 heures… si !).
  • Achetez-vous des vêtements chauds.
  • Informez-vous. Bossez. On n’en sait jamais assez !

Et…

  • Suivez au jour le jour les articles de Techniques d’élevage en n’hésitant pas à poser vos questions… nous y répondons toujours.

 

Bon courage.

 

Cat

 

 Cheval au pâturage. Anne KAEFFER Techniques d'élevage. Nantes. 2011

Publié dans Spéciale équidé, Elevage

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :